Renata Tebaldi, dont on fête les dix ans de la disparition, a aussi droit à son coffret hommage. Mais Decca s’est montré minimaliste: point de pochettes d’origine ni de galeries photos en couleurs ici, quand Callas se voit gratifiée par Warner d’un monument définitif. Mais ne boudons pas notre plaisir, car les couleurs, on les trouvera dans cette voix sans doute la plus phonogénique de son temps à la beauté et à l’onctuosité proverbiales ; et puis tout y est, les opéras (53 CD) comme les récitals (11 CD). Tebaldi excellait dans les rôles écrits pour un soprano lirico-spinto, notamment les grands Puccini (l’entrée de Butterfly en 1958 est un pur miracle !), tous représentés à partir de Manon Lescaut, auxquels s’ajoutent les rôles complexes du dernier Verdi (Aïda, Leonore de La Forza…) ainsi que les contributions signées Catalani, Boito, Giordano, Cilea ou Ponchielli.
De 1951 à 1972 s’imposent un style et une ligne demeurés intacts avec les années. Lui ont manqué, parfois, des baguettes plus inspirées (les mono avec le routinier Alberto Erede) et un partenaire attitré (Del Monaco) davantage épris d’élégance… C’est donc par-dessus tout pour cette ineffable " voce d’angelo ", si l’escarcelle le permet après les fêtes, que l’on s’offrira ce cube compact, en attendant un coffret collector à la hauteur de la légende (66 CD, 478 1535, CHOC).
Renata Tebaldi, " Voce d’angelo ", The Complete Decca Recordings.
À LA MÉMOIRE D’UN ANGE
Radio Classique
Decca marque de belle façon les dix ans de la disparition de Renata Tebaldi.