Dix ans après avoir inauguré " Les Étés de la danse ", vous êtes de nouveau à l’affiche de ce festival parisien (du 10 au 26/07, au Châtelet) avec 18 représentations, et chaque soir, un programme différent ! Vous placez la barre très haut.
C’est en effet un immense défi pour les 75 danseurs de la compagnie. D’autant plus qu’en dix ans, les créations sont devenues plus complexes, elles sollicitent le corps d’une manière nouvelle, de plus en plus rapide. Les danseurs adorent cela. À San Francisco, nous alternons des spectacles mixtes, un classique, un Balanchine, une œuvre plus libre d’un Wayne McGregor par exemple… Contrairement à la danse contemporaine française, nous restons dans le cadre néoclassique : nous fondons notre liberté de création sur la technique classique.
Vous prolongez en somme l’héritage de George Balanchine, dont vous avez été d’ailleurs l’un des danseurs stars.
Oui. Le classique, c’est notre vocabulaire. Le public américain montre une vraie passion pour le ballet, sans doute parce que, n’ayant pas une histoire aussi longue qu’en Europe, nous sommes fascinés par les œuvres du passé. Peut-être aussi parce qu’en Californie, on se préoccupe plus du corps qu’en France ? En tout cas, les spectateurs nous suivent, ce qui est vital car nous avons très peu de subventions (à peine 7 % du budget). Ils viennent chercher dans la danse une indispensable parcelle de beauté.
Tchaïkovsky, Stravinsky, Haendel, Chopin, Beethoven, Prokoviev… Dans vos spectacles, c’est la musique qui prime.
La danse, c’est la musique ! C’est notre source première d’inspiration. En écoutant une œuvre, j’imagine immédiatement comment la danser. C’est la variété, celle des musiques et des styles, qui fonde la réputation de notre compagnie. Nous devons sans cesse conserver ce souci d’excellence. Comme vous le disiez, il nous faut placer la barre toujours plus haut.
3 questions à Helgi Tomasson
Radio Classique
Le directeur du San Francisco Ballet débarque à Paris avec sa troupe pour un véritable marathon.