14.05.2016 : Une minute avec Schubert – Episode 16 : « Le son intérieur »

Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 16ème épisode : « Le son intérieur »

Plus que tout autre compositeur de l’histoire de la musique, Schubert est délicat à interpréter. Et cette difficulté provient essentiellement du son ; Schubert chante en lui-même, et en même temps pour le monde entier. C’est en cela qu’il est si émouvant. Pour jouer Schubert, il faut accepter d’être seul dans la multitude, et l’éprouver, réellement. C’est la musique la plus proche du silence. Cela vient probablement du fait qu’il écrivait sans jamais être tout à fait sûr que ses œuvres seraient jouées, ou éditées. Pour entendre le son Schubert il faut ouvrir tout grand son monde de sensations intérieures, et obéir à un ordre mystérieux. On peut détester un pianiste qui jouerait mal Schubert ; parce que l’ignorance et la vanité détruisent tout. Schubert est trop fragile. La vulgarité de l’interprète le fait fuir, et l’insupportable lourdeur d’un pas étouffe sa voix.