Sous la baguette de Julien Chauvin dirigeant Le Concert de la Loge, avec Marina Rebeka dans le rôle-titre
Le 11 février 2026, le Palazzetto Bru Zane présente au Théâtre des Champs-Élysées Médée de Luigi Cherubini en version concert.
En proposant des récitatifs (composés par Alan Curtis), un ballet et une orchestration augmentée à la manière de Gluck, cette version tragédie lyrique ramène pour la première fois l’œuvre à son projet d’origine.
La distribution réunit Marina Rebeka dans le rôle-titre, Julien Behr (Jason), Mélissa Petit (Dircé), Patrick Bolleire (Créon), Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Néris), ainsi qu’Hélène Carpentier, Margaux Poguet et Pierre Gennaï.
La partie musicale est confiée au Concert de la Loge dirigé par Julien Chauvin, tandis que Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, sous la direction artistique de Fabien Armengaud, apportent à l’œuvre sa dimension chorale.
Sa trajectoire singulière explique la place à part qu’occupe aujourd’hui Médée dans le répertoire. Dès la découverte du livret de François-Benoît Hoffmann, Luigi Cherubini envisage Médée comme une tragédie lyrique dans la tradition de Gluck, pensant confier le rôle-titre à Mme Saint-Huberty, alors figure emblématique de l’Académie royale de musique. Conçu pour une grande scène lyrique, le projet se heurte toutefois à des tensions institutionnelles et trouve finalement refuge au théâtre Feydeau, où l’œuvre est créée en 1797 dans une forme adaptée aux usages de l’« opéra-comique révolutionnaire ». Dialogues parlés en alexandrins, dramaturgie tendue et écriture musicale d’une grande modernité confèrent à l’ouvrage une force singulière, annonçant déjà Beethoven et Berlioz.
Le rôle-titre, confié à Julie-Angélique Scio, s’impose immédiatement comme l’un des plus redoutables du répertoire, tant par son intensité dramatique que par ses exigences vocales. Malgré les multiples remaniements et les tentatives ultérieures de Cherubini pour restituer son projet initial — poursuivies jusqu’à la fin de sa vie — Médée demeure longtemps une œuvre instable, aux contours sans cesse redéfinis. La version proposée aujourd’hui permet d’en redécouvrir l’ambition première et la puissance tragique, telles que le compositeur les avait imaginées.
Un rendez-vous incontournable avec l’opéra français.
Pour en savoir plus sur Luigi Cherubini, visitez la page que Le Palazzetto Bru Zane lui a dédiée sur Bru Zane Mediabase !