Merveilleuse Mady Mesplé

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Quand notre Mady nationale est arrivée au studio, avec sa soeur, je lui ai demandé : « Comment ça va ? » Elle m’a répondu : « Mal ! » Elle était fatiguée, grognon comme un enfant qui a trop marché. Elle appréhendait peut-être une longue émission en direct et redoutait des manifestations incontrôlables de sa maladie de Parkinson : tremblements, manque de concentration… Et puis, elle s’est jetée à l’eau et a nagé telle une naïade, combative et confiante, les yeux brillants, le coeur léger. A la fin, elle était heureuse et m’a avoué : « Je suis lessivée ».
Quel courage il lui a fallu pour rassembler ses forces et revivre les moments merveilleux et douloureux de sa vie ! Ce courage qui l’a rarement abandonné tout au long de sa carrière, alors qu’elle n’a jamais économisé ses forces, sillonnant la planète, rongée par le trac et la culpabilité de devoir laisser sa famille. Restant malgré tout fidèle à cet esprit de petit soldat, peu enclin à se plaindre et encore moins à tirer fierté de ce qu’elle considérait comme son devoir et sa mission. L’exemple lui venait de sa mère, femme admirable, nature forte, ferme moralement, aimante et peu démonstrative, qui avait dû combattre ses préjugés pour laisser sa fille vivre sa passion et fructifier ses talents. Mais aussi de ses professeurs dont un lui avait dit : « Tu sais, ma petite, notre art n’est pas partageur : il vous prend tout. »
On ne remercie jamais assez les artistes d’avoir tout donné à cet art exigeant et à ce public avide de sensations. Nous n’avons pas assez dit à Régine Crespin à quel point nous l’avons aimée. Il faut le dire à Mady Mesplé, bien qu’à ce moment, c’est encore elle qui nous donne plus qu’elle reçoit.
Voici son programme (les madeleines et la trilogie finale sont d’elle, le reste nous le lui avons concocté sur mesure) :

Thomas : Mignon « Je suis Titania la blonde » (Mady Mesplé)
3 Petites Madeleines
– « La petite Eglise » de Delmet (Jean Lumière)
– La Valse de Faust
– Romance à l’Etoile de Wagner

Offenbach : « On va courir, on va sortir » (La vie parisienne)
Kreisler : Schön Rosmarin (Mady Mesplé) avec Michel Legrand
Bizet : Les pêcheurs de perle (Alain Vanzo)
Rossini : Guillaume Tell « Sombre Forêt »
Donizetti : Lucia « Spargi d’amaro pianto » (Mady Mesplé)
Hahn : Heure exquise

La Vie : Brindisi de La Traviata
Amour : Duo de Lucia di Lammermoor
La Mort : In paradisum du Requiem de Fauré