LES GRANDS SOIRS DE CARNEGIE HALL

La célèbre salle de la Septième Avenue de New York se réserve pour les meilleurs. Sony propose un défilé de vedettes sur quatre-vingts années.

Trente-trois concerts et récitals ont été réunis afin de célébrer le cent vingt-cinquième anniversaire de l’une des plus célèbres salles au monde. Une consécration pour tout artiste résumée par cette blague : « Comment accède-t-on à Carnegie Hall ? » Réponse : « En travaillant ! »
Ce coffret magnifiquement bien présenté fait écho à celui réunissant tous les concerts de Vladimir Horowitz, « Live at Carnegie Hall ». Horowitz que l’on retrouve d’ailleurs dans ce coffret. Celui-ci est particulièrement bien composé car ouvert à tous les styles, du récital de mélodies à l’orgue, en passant par l’orchestre et les célébrations d’anniversaires. Qui plus est, les bandes ont été remastérisées et la qualité générale est proprement saisissante, même si les preneurs de son n’ont pas tous été bien inspirés, notamment pour les récitals vocaux. Chaque concert est décrit très précisément et dispose parfois d’un texte de présentation lors d’un événement comme le quatre-vingt cinquième anniversaire de la salle réunissant Bernstein, Fischer-Dieskau, Horowitz, Menuhin, Rostropovitch, SternLa sélection s’étend d’un concert du Philharmonique de New York dirigé par Toscanini en 1931 au récital de Denis Matsuev en 2007. Une telle compilation offre de précieux inédits. C’est ainsi que l’on découvre un programme de Richter entièrement consacré à Beethoven (1960), mais aussi le pianiste canadien Ronald Turini (1961). Autres bonus : la moitié d’un récital, jamais publié, de Lazar Berman de 1979 (également disponible dans un coffret monographique que Sony vient d’éditer dans sa collection Masters (voir Rééditions et bonnes affaires p. 109), deux bis de Jorge Bolet, une Sonate de Barber par van Cliburn, quelques mélodies retirées des précédentes éditions chez Shirley Verrett et Jennie Tourel.
Un tel kaléidoscope fascine par la variété des personnalités, des moments d’une émotion particulière — les récitals de Feltsman et Berman, les débuts américains d’Evgeny Kissin, les voix de Leontyne Price, de Dietrich Fischer-Dieskau, le soixantième anniversaire de Marilyn Horne réunissant notamment Fleming, Caballé, Von Stade, Horne, Ramey.