Jessye Norman forever

Rencontrer Jessye Norman, et offrir ce moment aux auditeurs de Radio Classique, était l’un des rêves les plus chers de ma vie professionnelle. Voilà qui est réalisé. J’en suis très heureux. J’espère qu’il aura été partagé à sa juste valeur, car il n’est pas facile de l’approcher.
Cela a pu être possible grâce à son agent, à la série des Grandes Voix, à l’Olympia…
Je me suis rendu à Londres avec Ludmilla Sztabowicz, la délicieuse attachée de presse des Grandes Voix. Nous avions prévu de faire un peu de shopping, mais, alors que nous sortions du couloir du métro bondé de Piccadily Circus, coup de téléphone : Jessye Norman venait de terminer sa répétition plus tôt que prévu, il fallait se rendre aussitôt au nord-ouest de Londres pour l’interview. Nous avons cherché un taxi sous une pluie battante, et, au bout d’un quart-d’heure, nous nous sommes engouffrés dans un cab, trempés jusqu’aux os, sous l’oeil désapprobateur du chauffeur. Après une bonne demi-heure d’embouteillages, nous sommes enfin arrivés au studio Craxton. Un lieu mythique. A l’anglaise : pas un bâtiment moderne et froid, mais une maison particulière, avec des tableaux au mur, un salon cosy, un feu de cheminée et un grand piano de concert.
Jessye était assise sur une chaise et nous attendait. Nous nous sommes présentés et Ludmilla lui a demandé si l’entretien pouvait avoir lieu en français. Son visage s’est fermé. La chose ne lui avait pas été communiquée. Je l’ai alors rassurée : les questions lui seraient posées en anglais. Nous sommes restés seuls et, tout en installant mon matériel, je lui ai soufflé, en anglais, que les auditeurs seraient touchés si elle pouvait, au moment qu’elle jugerait opportun, glisser un ou deux mots dans notre langue. Elle m’a écouté en souriant. Cela l’a amusée de me voir pester contre moi-même, toujours en anglais, en installant maladroitement le micro, le casque. Quand tout a été prêt, je lui ai dit « Bonsoir » en français, et lui ai tendu le micro. Elle a répondu « Bonsoir » et… tout l’entretien s’est fait tout naturellement en français. Youpi !
Voici le programme de cette émission :
Heaven (Duke Ellington)
April in Paris
La Marseillaise : « Allons enfants de la patrie »
Mozart : Dove Sono (Les Noces de Figaro)
Marian Anderson : Erbarme dich
Pierre Bernac : Bestiaire de Poulenc (Carpe)
Purcell : When I am Laid (Didon et Enée)
Belle Hélène d’Offenbach : « Amours divins »
Strauss : Beim Schlafengehen (4 derniers lieder)
Wagner : Liebestod (Tristan et Isolde)
Gospel Train