La valeur n’attendant pas le nombre des années, c’est à trente-sept ans que le génial mathématicien Cédric Villani a reçu la médaille Fields, la plus prestigieuse des récompenses internationales distribuée tous les quatre ans. Première remarque : la France étant nettement plus brillante en mathématique qu’en sport, pourquoi ne pas accorder une place au moins égale à cette discipline dans les médias que pour les Jeux olympiques ? Deuxième remarque : les mathématiques comme la musique sont les deux matières fondamentales ignorées par le Prix Nobel. L’inventeur de la dynamite ne connaissait-il ni Mozart ni Henri Poincaré ?
Cédric Villani est un mélomane passionné et parfois obsessionnel. Ses goûts très éclectiques nous montrent qu’il accorde une place aussi grande à l’émotion qu’à la perfection de la forme. Et qu’on peut évoluer avec maestria à travers théorèmes et équations tout en écoutant en boucle Jean Ferrat, Catherine Ribeiro ou Juliette.
Les musiciens ont ils la bosse des math ? Forcément. Mais ceux qui s’en targuent ou qui asservissent un art à une science obtiennent des résultats peu convaincants. Ne citons pas de noms. Si l’on écoute encore Beethoven et Brahms, c’est parce que leur génie ne s’est jamais écarté d’un message profondément humain, pas seulement parce qu’ils retrouvaient la perfection du nombre d’or dans leurs oeuvres.Et si Bach et Schumann jouaient avec les chiffres et les lettres, ce sont leurs notes qui restent dans les mémoires à la différence de compositeurs scientifiques qui ont disparu de la circulation.
Voici son programme :
Sonate D784 de Schubert, 1er mouvement [Allegro Giusto] Lupu ou Guilels
– Ballade von der ‘Judenhure’ Marie Sanders (Hanns Eisler / Bertolt Brecht) Ute Lemper
– Nixon in China, Acte 1 Sc.1 l’air de Nixon descendant d’avion
(« Your flight was smooth….. news news news news)
– Prokofiev, Sonate No.6, 3e mvt [Valzer lentissimo] – attention,
passage important vers 5:30 (Ivo Pogorelich !)
* trois madeleines :
– madeleine a 10 ans (mon enfance) : Les Poetes, d’Aragon/Ferrat
– madeleine a 20 ans (les boums de l’ENS) : La fille du coupeur de joints, de Thiefaine
(album Tout corps vivant)
– madeleine a 30 ans (bossant comme chercheur) : Monsieur Venus, de Juliette (de préférence album Juliette chante aux Halles)