Bruno Rigutto, un aristocrate au piano

Il est un artiste jusqu’au bout des ongles. Raffiné, humble, discret, généreux. Pas du tout le genre qui s’impose et qui tire la couverture à lui. Mais dès qu’il est au piano, on est suspendu… à ses lèvres, car il chante avec les doigts. Comme disait Samson François : « On ne joue pas avec deux mains, mais avec dix doigts. Chaque doigt est une voix qui chante. » Bruno Rigutto, le seul disciple qu’il ait accepté, alors qu’il ne prenait pas d’élève, a bien retenu cette leçon.
Pour Bruno Rigutto, Mozart et Chopin sont les compositeurs les plus délicats à aborder. Parce qu’ils sont les plus purs. Samson François ajoutait Debussy dans sa « sainte Trinité ». Bruno Rigutto est également un grand interprète de la musique française, mais Ravel a peut-être sa préférence.
Il a su rendre à la fois hommage aux grands pianistes qu’il admire, sans autre arrière-pensée qu’une véritable admiration de mélomane, et donner un coup de projecteur à deux de ses élèves, en précisant bien qu’il ne les considérait pas comme des prolongements de lui-même. Tant de tact, de classe et de délicatesse font de Bruno Rigutto un authentique aristocrate du coeur et de l’esprit.
Voici son programme :

Madeleines
Una furtiva lagrima, chanté par Vittorio Grigolo
Richard Cocciante, Il Ricordo Di Un Instante
Byron Janis, 3e concerto de Rachmaninov
Schumann, Toccata (premier disque de Bruno Rigutto.)
Musique Classique
Samson François, Scarbo (Ravel, Gaspard de la Nuit)
Martha Argerich, Partita n°2 de Bach, Capriccio
Horowitz, Scriabin – Etude en do dièse mineur, op 2 n°1. (in Horowitz in
Moscow)
Michelangeli, Mazurka opus 68
Catherine Collard, Schumann, Scenes d’enfants
Mélodies
I’ll Remember April, Erroll Garner
Reggiani, Le Pont Mirabeau, Apollinaire
Jef, Jacques Brel
Danza de Rossini-Liszt par Guillaume Coppola
Prélude n° 16 de Chopin par Hélène Tysman