Bertrand Renard, des chiffres, des lettres et des notes

Il ne s’en souvient probablement pas, mais j’ai croisé Bertrand Renard, un jour, lors d’un déjeuner de presse pour la Folle Journée à Nantes. Il travaillait alors au service culture de France 2, mais je ne le savais pas, personne ne s’étant présenté autour de la table. Son visage ne m’était pas inconnu. Après m’être creusé les méninges, je lui ai demandé si ce n’était pas lui qui co-animait l’émission « Des chiffres et des lettres ». Il m’a fusillé du regard comme si j’avais dit que je l’avais vu sortir d’un cinéma porno. Je n’ai pas insisté et j’ai engagé la conversation avec ma voisine de gauche.
On n’est pas toujours reconnu à la hauteur de ses multiples mérites, mais cela n’empêche pas d’être aimable. N’étant pas rancunier de nature, je l’ai invité dans Passion Classique pour répondre à son désir. J’ai découvert une autre personne, aimant la musique passionnément, en parlant avec finesse et enthousiasme. Le temps nous a manqué pour évoquer la place de la musique à la télévision.
Le soir-même, France 2 diffusait sa « Grande Battle » (pourquoi ce titre franglais ?) présentée par Nagui et dont l’ambition était d’ouvrir la musique classique au plus grand nombre. Entre la vulgarisation (noble mission) et la vulgarité, la frontière est fragile. A chacun de répondre selon sa sensibilité.
Voici le programme de Bertrand Renard :

1) le 20e concerto pour piano de Mozart (K.466) par Clara HASKIL (plutôt le 1er mvt)
2) le Quintette avec piano op.81 de Dvorak
3) le Concerto pour la main gauche de Ravel par Samson FRANCOIS
4) le 1er quatuor avec piano (op.15) de Fauré (2e mvt) dans la version qui vient de paraître des frères Capuçon, avec Dalberto et Caussé.
-les trois « Madeleines » sont classiques aussi:
1) le grand thème lyrique du concerto pour violon de Tchaïkowsky (si possible par David Oïstrakh)
2) le début du « Te Deum » de Bruckner
3) l’air de John STYX dans « Orphée aux Enfers » d’Offenbach