Lorsqu’il compose son quatuor, « La Jeune Fille et La Mort », Schubert est très malade. Il n’a plus que quatre ans à vivre. Il choisit le ton funèbre de ré mineur, celui du requiem de Mozart. Si la jeune fille à la mort dessine un thème vieux comme le monde, c’est que les Grecs y voyaient une allégorie du cycle de la vie. Le rapt de Proserpine détermine le rythme des saisons. L’autre grand mythe fondateur se retrouve dans la malédiction des Atrides : quand Agamemnon sacrifie sa fille Iphigénie. Pour Euripide, sa mort est nécessaire ; elle réconcilie les hommes avec le divin. Tout comme le quatuor de Schubert. Cette fusion d’Eros et de Thanatos est évidemment induite par la langue allemande : la mort, « der Tod », est un mot masculin. Et si le souffle de la mort plane tant sur la musique allemande, c’est qu’entre « der Tod » et « die Musik » l’attraction est fatale. Les Français eux, sont plus troublés par les charmes de l’union saphique entre la musique et la vie.
19.03.2016 : Une minute avec Schubert – Episode 8 : « La Jeune Fille et La Mort »
Radio Classique
Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 8ème épisode : « La Jeune Fille et la Mort »