Découvrez l’histoire de Georges Carpentier, figure emblématique de la boxe française du début du XXe siècle. De ses premiers combats dans les cafés du Nord de la France à son duel mythique face à Jack Dempsey, revivez l’ascension et le déclin d’un champion dont la vie a été marquée par la gloire, la guerre et une indéfectible amitié.
Liévin, 1894 : un jeune garçon au tempérament de feu voit le jour : Georges Carpentier. Rien ne le prédestine aux rings, il est censé suivre le chemin de son père mineur. Pourtant, très tôt, il montre un tempérament bagarreur. Plutôt du genre à ne pas se laisser faire, il fait même partie d’une rixe mémorable dans son quartier à l’âge d’à peine 10 ans. Son adversaire ? Un certain François Descamps, qui entraîne des instituteurs et des sous-officiers dans une société de gymnastique à Lens. Flairant le potentiel du jeune homme, il lui demande de venir le rejoindre.
Carpentier s’initie alors à la boxe française, sans pour autant négliger ses études. À 12 ans, il obtient son certificat d’études. Mais les études supérieures sont un luxe que sa famille ne peut se permettre. Georges suit donc le chemin de son père, et part travailler à la mine. Mais François continue à veiller sur lui, persuadé que son protégé a l’étoffe d’un champion. Il l’emmène à ses premiers combats de boxe dans des cafés, puis aux championnats régionaux. À 13 ans, il arrive jusqu’en demi-finale du championnat national. Il est battu par un jeune homme de 20 ans qui fait 10 kilos de plus que lui. Carpentier repart quand même avec une médaille d’or, qui va être le début d’une longue série.
L’année suivante, il participe au championnat du monde. Du haut de ses 43 kilos, Georges déborde de courage et d’agilité sur le ring. En mars 1908, il décroche le titre de champion du monde des poids plume, une consécration ! Après cette victoire, il se tourne vers la boxe anglaise, plus prometteuse, mais aussi plus exigeante.

Dès lors, après avoir remporté 28 victoires sur 38 combats professionnels, son nom commence à résonner dans le milieu. La boxe anglaise devient son nouveau terrain de jeu.
Entre le ring et les tranchées
Nous sommes le dimanche 29 février 1912, à Monaco. Cinq mille spectateurs attendent l’événement dans une arène en plein air, tandis que des milliers d’autres se massent à l’extérieur. Georges Carpentier, 18 ans, défie l’Anglais Jim Sullivan pour le titre de champion d’Europe des poids moyens. Les hymnes nationaux retentissent, la foule exulte. Tendu, mais déterminé, Carpentier ne se laisse pas intimider. Au deuxième round, avec une droite fulgurante, il met Sullivan K.O. La gloire et 27 000 francs sont au rendez-vous. Un héros français est né !

Mais la Grande Guerre vient brutalement interrompre cette ascension. Par patriotisme, Carpentier s’engage dès le début du conflit dans l’aviation. Pilote de reconnaissance, il survole les lignes ennemies à faible altitude, dont celles de Verdun. Son courage lui vaut la médaille militaire, décernée par le président Poincaré. Cependant, le spectacle de la guerre le marque profondément. Il est témoin de scènes d’une violence inouïe, de la mort omniprésente et de la souffrance des soldats. Ces images le hantent et le plongent dans une profonde dépression, le faisant douter de l’utilité de la violence des combats de boxe.
À la sortie de la guerre, après cinq années sans interruption de boxe, Carpentier remonte sur le ring. En juillet 1919, à Paris, il affronte un Britannique pour le championnat d’Europe des poids lourds. Un peu rouillé, il parvient quand même à s’imposer, prouvant qu’il n’a rien perdu de sa combativité. Un nouveau défi se profile : le championnat du monde des lourds.
Une fin de carrière marquée par la défaite et le deuil
2 juillet 1921, Stadium de Jersey City. L’événement est planétaire : 93 000 spectateurs, une retransmission en direct à la radio. Georges Carpentier défie l’Américain Jack Dempsey. Sauf que le « combat du siècle » tourne court. Malgré sa vaillance, Carpentier s’incline. La défaite est amère.
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Le revers face à Dempsey marque le début d’un lent déclin. Carpentier enchaîne les mauvaises performances et perd ses titres. La mort de François Descamps, son mentor de toujours, assombrit encore plus le tableau. Descamps, l’homme qui avait cru en lui, qui l’avait guidé et façonné sans jamais avoir signé de contrat. « J’avais 9 ans quand j’ai connu François, c’était à la fois pour moi un père et un frère aîné », confiera même Georges Carpentier à des journalistes. Après cet événement, il est temps pour celui qui était la légende de la boxe française de prendre sa retraite.
Franck Ferrand
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