Yasmina Réza, une musicienne des mots

J’ai une passion pour les pièces de Yasmina Réza. La première fois, c’était Conversations après un enterrement au Festival d’Anjou. J’avais été charmé par son art de l’ellipse, sa langue si musicale, ses silences riches de signification émotionnelle. Ce n’est pas un théâtre de texte comme Edmond Rostand, mais un théâtre de sensations subtiles, écrit « en creux » et qui réclame donc de très grands acteurs.

Son film Chicas est une merveille pour qui s’intéresse aux rapports humains, à la complexité des liens qui unissent une mère à ses filles, des soeurs entre elles et bien sûr les hommes et les femmes. Thème éternel brodé avec une virtuosité des grands soirs et une sensibilité à fleur de peau. On pense à Tchekhov… Et l’on rit car Yasmina Reza, comme le grand Russe est un auteur de comédies qui frôlent la tragédie en permanence.

Yasmina Réza joue du piano, sa mère était violoniste, elle connaît bien la musique. Son programme était un reflet de ses obsessions (la fugue) et une mise en bouche de son humeur cinématographique.

Le voici :

Madeleines

début de la 40 ème symphonie de Mozart

– The End   des Doors

– Kobaia  du groupe Magma    ( album du même nom)

puis

ALBENITZ    « Iberia » par Alicia de LARROCHA

El Albaicin

El Polo

PACO DE LUCIA

album Castro Marin

Gitanos Andaluces

De la bande originale de film:

GYPSY KINGS

– Viento del Arena

MENDELSSOHN

Marie Josèphe Jude

( 6 préludes et fugues)

-Fugue N°1

et,  rien à voir avec l’Espagne mais pour ma sérénité en cette veille de sortie:

BACH par GRIGORY SOKOLOV

L’art de la Fugue

Contrapunctus 19  ( inachevé)