Yann Moix, l’écorché vif

Yann Moix est l’enfant chéri et battu de la littérature française. Il éveille chez le lecteur un sentiment maternel pervers. On a envie de le blesser pour le plaisir de le consoler ensuite. Il n’est pas bien élevé, dit tout haut ce qu’il pense, fait des fautes de français, provoque le bourgeois qu’il hait pour se faire remarquer du grand bourgeois qui le protège, met ses pieds dans le plat et joue les incompris si on ne trouve pas ça drôle. Il transforme ses faiblesses en force avec un rare talent. Il est insolent, insortable, mais c’est un sensible, un pur et un doux qui se cache derrière ses formules à l’emporte-pièce. C’est un écrivain qui a des c… et qui les met sur la table.

En musique, il devine tout avec une intuition démoniaque. Bien sûr, il est agaçant quand il décrète d’un ton péremptoire qu’Haydn ne vaut que parce qu’il prépare le lit de Beethoven. C’est idiot, mais comme il est intelligent, on a envie de passer la nuit à lui prouver qu’il se trompe. Parce qu’on apprend beaucoup de choses avec lui. Parce que ce qu’il aime, il l’aime vraiment, avec rage, avec force et un certain panache. Et tant pis s’il enfonce quelques portes ouvertes au passage, car il a du style l’animal. On tremble tout autant d’être attaqué que défendu par lui. Mais c’est un tremblement de plaisir, car il a ce qui manque à beaucoup d’écrivains, un érotisme brut, pas des minauderies de salon.

Voici son programme :

Le morceau qu’il aime beaucoup : Rhapsodie espagnole de Liszt par Georges

Cziffra

3 madeleine musicales :

–          Sofa, de Franck Zappa

–          Ionisation de Edgar Varèse

–          Adventures in Paradise de Minnie Riperton

6 morceaux de classique :

–          Un extrait de la Vie parisienne d’Offenbach « Vous serez notre guide dans la ville splendide »

–          Concerto de Mozart n° 25 – 3e mvt (Perahia)

–          Les 4 saisons de Vivaldi par Fabio Biondi – Le Printemps – 1er mvt

–          Petrouchka, Stravinsky / Boulez

–          Le concerto pour 4 pianos de Bach – 1er mvt

–          Sonate 32 de Beethoven opus 111 – 2e mvt – Yves Nat