Côté pile, Véronique Genest est une fille énergique et dégourdie au caractère bien trempé, une grande gueule qui rue dans les brancards, une rigolote qui appelle un chat un chat et qui s’autorise un langage vert et des expressions pas piquées des hannetons. Idéale pour jouer les meneuses d’hommes à la manière du commissaire Lescaut.
Côté face, c’est toujours une jeune fille romantique et tendre, un coeur de midinette qui s’est construit une armure au fil du temps et des épreuves.
Le public qui l’aime a toujours senti cette dualité en elle, ainsi que cette honnêteté foncière qui forge les héroïnes du peuple.
Dans Passion Classique, elle nous a montré, malgré elle et nonobstant sa pudeur, la face cachée de sa personnalité volontaire et directe.
Ses larmes, retenues à grand peine, ont été provoquées par le retour de deux douleurs anciennes : un père disparu trop tôt, et un frère chéri emporté par le sida. Cet air de la « Mamma morta », Véronique et Olivier l’écoutaient passionnément, comme, plus tard, les héros du film Philadelphia. A ce moment, on avait simplement envie de la prendre dans nos bras et lui dire merci de ce qu’elle est.
Voici son programme :
4 œuvres classiques:
1ère Gymnopédie de Satie
La Mamma Morta d’Andréa Chenier (par la Callas)
Symphonie n°5 de Mahler
1ère Ballade de Chopin (Rubinstein)
3 Madeleines Musicales:
Votre fille a 20 ans (Serge Reggiani)
Don Quichotte de la Mancha par Jacques Brel
Air du Banjo dans le film « Délivrance »