Une nouvelle Flûte enchantée à l’Opéra de Paris

Le chef d'œuvre de Mozart est dirigé par Philippe Jordan et mis en scène par Robert Carsen.

Plaisir de l’oreille, ennui de l’œil, voilà résumée la nouvelle Flûte de l’Opéra Bastille, salle peu amène pour Mozart. Philippe Jordan y trouve un équilibre sonore qui permet à l’orchestre, encadré plus que de coutume d’un praticable idéal en revanche pour les chanteurs, de remplir le volume. Et surtout un allant, un vrai, propice à la narration. Car la production de Robert Carsen et de son décorateur favori, Michael Levine, certes fort esthétique, est un éteignoir. Carsen reprend son analyse d’Aix-en-Provence, voici 20 ans, qui veut que tout le monde soit bon, et que la Reine de la Nuit soit la complice et non l’ennemi du pouvoir des Sages. Mais il engonce cela dans une vision démonstrative, sans émotion, qui n’est plus en rien théâtre. La Pamina à tomber de Julia Kleiter, le magnifique Tamino de Pavol Breslik, l’irrésistible Papageno de Daniel Schmutzhard, le Sarastro imposant de Franz-Josef Selig, la Reine de Sabine Devieilhe, petite voix mais vrai talent, une distribution parfaite (Terje Stensvold en Sprecher !) sauvent la soirée de l’ennui par le chant.