Après une mémorable parution consacrée à des quintettes marquants du XXe siècle (cf. Classica n° 160, p. 100), l’Ensemble Les vents français récidivent en associant le piano d’Éric Le Sage à leur exploration du répertoire en trois CD.
Aux atouts d’hier (cohésion, complicité, vision commune, maturité) et au caractère anthologique de la publication faisant pour moitié la part à des compositeurs français, s’ajoute un répertoire d’envergure moins enregistré bénéficiant d’une exceptionnelle variété de timbres, alliant sextuors célèbres (Poulenc) ou plus rares (Thuille) au pionnier (Farrenc, 1852) et à des quintettes sans l’un des vents. D’un titre à l’autre se retrouvent la précision, la parfaite justesse, l’excellence des timbres, la clarté du discours et l’osmose entre les interprètes, aussi à l’aise dans les traitements orchestraux (Thuille, Allegro moderato) ou de chambre que solistes (Rimsky-Korsakov, Rondo). Le Sextuor de Francis Poulenc est le plus enregistré, des versions anciennes (Quintette de Philadelphie avec le compositeur au piano, 1960 ; Ensemble Wien-Berlin, 1989…) aux plus récentes, celle des solistes de l’Orchestre de Paris (Indésens, 2009) apparaissant plus élégante ou mélancolique que l’actuelle, plus impétueuse, ciselée et présente.
Autre temps fort, le Sextuor de Louise Farrenc avec piano soliste permet de mesurer la stature de la compositrice. À l’esprit du Divertimento d’Albert Roussel, au charme du Quintette d’André Caplet, à la grâce de Wolfgang Amadeus Mozart et à la vigueur du Quintette de Beethoven (enregistré en son temps par Sviatoslav Richter et le Quintette Moraguès) s’ajoutent le romantisme du Sextuor de Ludwig Thuille et la couleur russe du Quintette de Rimsky-Korsakov, teintés de néo-classicisme.
Six garçons dans le vent
Radio Classique
Emmanuel Pahud, Paul Meyer, Francois Leleux, Gilbert Audin, Radovan Vlatkovi, rejoints par Éric Le Sage, ont le vent en poupe pour une anthologie unique.