PHILIPPE HERREWEGHE EN TOUTES SAISONS

Cette nouvelle version des « Saisons » de Haydn, haute en couleurs, narrative et enlevée a tout pour séduire. Philippe Herreweghe a su une nouvelle fois associer plateau vocal et orchestre.

Oratorio profane construit sur un cycle de quatre cantates distinctes, cette œuvre s’inscrit dans le prolongement de La Création avec laquelle elle partage de nombreuses caractéristiques, oscillant entre classicisme et romantisme, faisant une large place aux chœurs grandioses couronnés par d’intenses sections fuguées. Fruit d’un travail approfondi avec les musiciens de l’Orchestre des Champs-Élysées et le Collegium Vocale Gent, Philippe Herreweghe nous offre une lecture enlevée et narrative. Une interprétation haute en couleurs comme l’illustre la bondissante ouverture du Printemps dont l’énergie et la puissance martelées par les cuivres et les timbales sont contrebalancées par la délicatesse et la multiplicité des timbres des instrumentistes. Ce faisant, sa conception se rapproche de celle de René Jacobs. Le chef maintient en permanence une cohésion parfaite entre le chœur, les solistes et l’orchestre, ménageant d’étonnants contrastes entre passages chambristes et tutti grandioses, éclairés en permanence par un scintillement de couleurs chatoyant. Le plateau vocal est également une des clés de cette réussite. Les solistes allient tendresse, humanité et grâce lumineuse, leur chant s’insère avec finesse dans le tissu orchestral et trouve un équilibre parfait avec l’excellent chœur. Toutes ces qualités nous valent une interprétation qui se hisse dans le peloton de tête des enregistrements au côté des lectures bondissantes et théâtrales de Jacobs avec le Freiburger Barockorchester (Harmonia Mundi) ou de Harnoncourt avec le Concentus Musicus Wien (DHM). Ceux que rebutent la verdeur des phrasés et les couleurs baroques se tourneront vers les témoignages de Karajan (EMI) ou de Böhm (DG).