Nouveautés chez Henle

Le concert des nations.

L’éditeur allemand Henle propose des nouveautés allant de la Russie à l’Espagne. Scriabine tout d’abord, avec la Première Sonate op. 6 au postromantisme assez proche de Rachmaninov. La partition d’une virtuosité sauvage offre des écarts de notes considérables. On apprécie que certains accords soient doigtés. Le Scherzo op. 4 de Brahms, première pièce que le compositeur publia sous son propre nom, est extrait de l’édition intégrale parue, elle, en 2011. Deux sonates de Scarlatti, les K. 141 et K. 159, sont également disponibles. Elles sont parmi les plus célèbres, gravées, entre autres par Argerich, Gilels, Tharaud, Cziffra, Meyer, Pogorelich… Une belle impression attentive notamment aux quelques ornements.
Les Avant-dernières pensées de Satie, l’une des Suites humoristiques pour le piano, datent de 1915. Dotées d’un texte en prose délicieusement absurde, les trois courtes pièces à l’écriture épurée et sans barres de mesure (Idylle, Aubade et Méditation) sont dédiées respectivement à Debussy, Dukas et Roussel. On connaît Asturias d’Albeniz, pièce extraite de la Suite espagnole op. 47 mais, à vrai dire, surtout dans la version pour guitare, un instrument pour lequel Albeniz n’a jamais composé une seule note de sa vie ! Pour l’interprète, la difficulté n’est pas tant technique, elle réside dans la restitution de la pulsation des cordes pincées et de l’esprit populaire de cette musique.