Beau Brummel, le maître-dandy du XIXe siècle, estimait que l’élégance suprême n’était en rien une recherche tapageuse des vêtements, mais au contraire l’art de ne pas se faire remarquer. Pour l’adapter à notre époque, on pourrait dire : pas de sigle de marque voyant, pas de bijou tapageur, rien d’ostentatoire qui pousse à dire : « joli ton pull, tu l’as payé combien ? », mais un ensemble si harmonieux qu’il semble l’expression de votre personnalité, sans qu’on ne puisse évaluer le temps réel qu’il a fallu pour penser et ajuster chaque élément. Un miracle en somme. Danièle Darrieux dans Madame de…, la petite robe noire toute simple de Marilyn dans…, le geste sobre de la Callas dans Norma…
Mais l’élégance de la mise sans la finesse de l’esprit et l’élégance du coeur n’est qu’un parfum, un rêve d’esthète. Il faudrait ajouter la douce empathie d’une Françoise Sagan face au jeune Desproges, le bras d’une reine de Naples s’offrant à Charlus humilié par les Verdurin dans La Recherche, un don anonyme à un ami dans le besoin, une maîtresse de maison veillant à ce qu’aucun invité ne reste en carafe et tous ces petits gestes du quotidien qui portent la véritable élégance à la portée de tous tant qu’elle ne dit jamais son nom, car désigner ou souligner l’élégance la fait disparaître comme par enchantement.
Voici le programme de Nathalie Rykiel :
– Bellini, La Norma, Casta Diva (par Maria Callas)
– Chopin, Nocturne n°2 opus 9 (par Arthur Rubinstein)
– Bach, Goldberg variations Aria (par Glenn Gould)
– Dvorak, Danse slave, n°10 opus 72
Madeleines :
– Otis Redding, « Try a little tenderness »
– George Delerue, « La nuit Américaine »
– Barbara, « Dis quand reviendras-tu? »