Jean Fournet ne cessa de promouvoir la musique française et Debussy tout particulièrement. Il plaçait notamment l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy au sommet de la musique du xxe siècle. Les trois partitions gravées dans des conditions optimales par le Philharmonique tchèque sont des témoignages précieux d’un art de la direction " amoureux " des timbres de cet orchestre alors si typé et dont le chef titulaire n’était autre que Karel Ancerl. La Mer, par exemple, nous est offerte dans sa lecture la plus intimiste : une véritable version de solistes. Chaque phrase chante et on entend ici des dialogues magnifiques, d’un pupitre à l’autre, avec la particularité d’une fraîcheur de ton et d’une élégance fascinante.
Les Nocturnes envoûtent dès les premières mesures. Peut-on imaginer des cordes plus calmes et lumineuses à la fois, un cor anglais plus personnalisé ? Iberia est tout de mystère, de fluidité, d’une sensualité ludique. Écoutez Le Matin d’un jour de fête qui semble jaillir de la pénombre, sans grossissement, sans effet. La prise de son d’une qualité optimale est au service d’une lecture pleine d’ardeur, d’audace, de tempérament. Peu d’orchestres ont également réussi un Tricorne aussi crédible, énergique et fin… que le Symphonique de Prague ! Quant aux œuvres de Franck, nous tenons ici depuis un demi-siècle les références, au niveau des témoignages de Charles Munch. Enfin, que ce soit pour Psyché ou Rédemption, ces lectures s’imposent tout autant, supérieures à celles que Fournet enregistra avec le Philharmonique des Pays-Bas (Q. Disc). Un coffret rare à ne pas laisser passer.
Jean Fournet
(chef d’orchestre)
CHOC
Franck : Rédemption. Les Eolides. Le Chasseur maudit. Les Djinns*. Psyché**. Debussy : Nocturnes. Iberia. Rondes de Printemps. La Mer. De Falla : Trois Danses
Frantisek Maxian (piano)*, Orchestre symphonique de Prague**, Chœur et Orchestre philharmonique tchèque
Supraphon 3 CD SU41222 (Abeille). 1963-1967. 3 h 06′ Réédition
Musique française par Jean Fournet
Radio Classique
Adulé à travers le monde mais négligé en France, Jean Fournet était, comme Charles Munch ou Pierre Monteux, un ambassadeur de la musique française.