Magique Tianwa Yang. En premier lieu, sa sonorité féerique, caressante, couvrant d’une égale présence chaque trait jusqu’à l’angle le plus masqué du célèbre Concerto pour violon en mi mineur de Felix Mendelssohn. La violoniste chinoise libère la poésie joyeuse et sans fard de l’écriture grâce à un vibrato diaphane, faisant goûter ce temps suspendu de l’Andante lyrique et cajoleur qui n’est pas sans ressembler aux concertos de Mozart. Ensuite, la technique, irréprochable, sans faille, véritable rouleau compresseur qui fait se trémousser, parfois trop, tous les violonistes du monde. Une beauté nouvelle et juvénile s’offre à l’auditeur, qui pensera forcément aux versions légendaires de Heifetz, Perlman ou Milstein, beauté sous-tendue par le dialogue avec le Sinfonia Finlandia de Jyväskylä aux inflexions millimétrées (mention spéciale pour le jeu sensible de la clarinette dans le premier mouvement, et en général, pour tous les bois). Ce qui étonne ici, c’est l’éclairage constant et la lisibilité à toute épreuve comme dans cette fin de la première cadence qui conduit avec un naturel confondant l’entrée de l’orchestre. Ce Mendelssohn est baigné d’une lumière vive et chaleureuse qui ne laisse aucun répit. Dans le Concerto en ré pétri de classicisme et d’influence mozartienne, Tianwa Yang a le mérite, avec son timbre frémissant à l’aigu éthéré de nous emporter dans la saltarelle insouciante de l’Allegro final. Par sa maîtrise sensible des intonations et son jeu pénétrant jusque dans les méandres au lyrisme échevelé, la soliste force une fois de plus l’admiration.
Changement d’univers avec la Sonate de l’Opus 4. La belle entente règne entre les deux musiciens et cela nous permet de vibrer face au romantisme fragile quoique brûlant de l’œuvre. Les mouvements vifs sont guillerets, sveltes, brillants, lumineusement décantés. Le Poco adagio est pris avec le tempo détendu qui convient pour en dégager avec suavité, beaucoup de sensibilité et de charme attendri, la poésie de la ligne de chant. À la fin de ce disque, on laisse murmurer le silence, prélude aux rêves les plus doux.
Felix Mendelssohn
(1809-1847)
CHOC
Concertos pour violon en mi mineur op. 64 et en ré mineur. Sonate pour violon et piano en fa mineur op. 4
Tianwa Yang (violon), Romain Descharmes (piano), Sinfonia Finlandia Jyväskylä, dir. Patrick Gallois
Naxos 8572662 (Abeille). 2010. 66′ Nouveauté
Mendelssohn par Tianwa Yang
Radio Classique
On a beau avoir entendu maintes versions du célèbre Concerto de Mendelssohn, on reste saisi par la beauté de cette œuvre interprétée par Tianwa Yang.