Martial Solal, un géant naturel

À 87 ans, il est venu tranquillement en voiture. Ponctuel, cordial, l’oeil malicieux.
Martial Solal est un géant du jazz qui n’a jamais dévié de sa route, pianiste qui a « stupéfié » Richter, épaté Duke Ellington, compositeur qui a écrit pour le cinéma, l’orchestre au cours de multiples rencontres. Du Club Saint-Germain à Newport, de Carnegie Hall à La Roque d’Anthéron, il est resté le même artiste sérieux, toujours soucieux de rester au sommet de ses moyens techniques et imaginatifs.
Il me fait penser à un Pierre Boulez du jazz (formule qui paraît un étrange oxymore) : intimidant par sa rigueur, son parcours, son fabuleux métier et chaleureux dans son contact, non dénué d’humour. La comparaison s’arrête là, car Martial Solal dispense la musique du bonheur qu’on croit perdu et qu’il retrouve à volonté.
Voici son programme :
*Toccata de Prokofiev opus 11 (Argerich)
*Concerto en sol Ravel (mouvement lent) S. François
*Etude en la mineur de Chopin (Richter)
*Extrait de Mephisto Valse
Madeleines
Sur la mer calmée (Butterfly) Géori Boué
Charlie Parker
A bout de souffle