Mariss Jansons a régulièrement dirigé les symphonies d’Anton Bruckner qu’il a finalement peu enregistrées (du moins officiellement). On regrette d’autant plus de ne disposer en dehors des Symphonies nos 3 et 4 que d’une Septième avec le RSO de Bavière. Jansons a fait fructifier le travail de ses prédécesseurs tout comme Bernard Haitink, au Concertgebouw d’Amsterdam, avait poursuivi l’approfondissement d’un son toujours plus subtil et ample. Clarté et profondeur. Ce sont les deux impressions que l’on éprouve à l’écoute de la Sixième Symphonie, sousestimée, voire mal-aimée.
À l’opposé de la conception sculpturale, minérale d’un Klemperer (New Philharmonia), Jansons travaille, pour la Symphonie en la mineur, sur une texture proche de la soie et à la beauté de l’orchestre, il ne fait qu’ajouter de ses propres enluminures. Il obtient ainsi une chaleur extraordinaire des cordes (l’Adagio n’a jamais été si proche de ses correspondants mahlériens), et une patine unique dans le Scherzo aussi puissant qu’aérien. Nous avons l’étonnante sensation d’entendre une masse sonore insaisissable car d’une transparence absolue.La Septième Symphonie reste dans cet esprit : compact et diaphane à la fois. D’une veine plus " mystique " que la très belle lecture du chef avec le RSO de Bavière (BR Klassik), cette version chante d’un bout à l’autre de l’interprétation avec parfois un caractère quasi-mendelssohnien dans le Finale. Le Finale, précisément, mais aussi le Scherzo sont tout simplement prodigieux de cohérence, de souffle. Écoutez le panache des chorals de cuivres conclusifs, la manière d’envelopper le son en un geste. Serait-ce la plus " heureuse " des lectures de la Septième ?
MARISS JANSONS DIRIGE DEUX SYMPHONIES À LA FOI
Radio Classique
Dans un monde orchestral aussi virtuose qu'aseptisé, Jansons fait partie de ces rares chefs capables d'entrer en communion avec leur orchestre.