Depuis Kraft (1985), Magnus Lindberg a produit une imposante série de pièces pour orchestre remarquées pour leur énergie, leurs sonorités éclatantes et leur appréciable souci du détail. Al largo (2009-2010), partiellement inspiré par Ma Mère l’Oye de Ravel, s’ouvre par une fanfare de cuivres et évolue deux fois du rapide vers le lent. Le début d’Era (2012), l’autre ouvrage pour orchestre de ce CD, porte l’empreinte manifeste, par son irruption des cordes graves, de celui de la Symphonie n° 4 de Sibelius. Lindberg ne s’en cache pas et d’autres allusions sonores sont décelables. Le compositeur finlandais reconnaît par ailleurs ne pas craindre d’écrire deux concertos pour le même instrument. Il laisse ainsi deux cycles de concertos pour piano (1991 puis 2012), pour violoncelle (1999 puis 2013) et enfin pour violon (2006 puis 2015). Commande de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, le Concerto pour violoncelle n° 2, créé sous la direction d’Esa-Pekka Salonen au Walt Disney Concert Hall, diffère nettement du précédent. En trois parties enchaînées, il fait suivre la flamboyance de la première d’un semblant de cadence dans la deuxième puis d’un style heurté dans la troisième. Anssi Karttunen, son destinataire (comme déjà du Concerto n° 1, créé à la Cité de la Musique, avec l’Orchestre de Paris et, déjà, Salonen), et l’orchestre se saisissent à bras-le-corps de la partition et ne lâchent plus prise jusqu’à ce que la musique doucement s’éteigne. Lindberg reconnaît volontiers ses ancêtres: Stravinski, Schönberg et d’autres parmi lesquels, bien sûr, son compatriote Sibelius Il sait dans ses ouvrages leur rendre hommage mais très subtilement. L’Orchestre de la Radio d’Helsinki et Hannu Lintu, son chef depuis 2013, sont chez eux dans cette musique de haut vol.
MAGNUS LE FLAMBOYANT
Radio Classique
Trois oeuvres récentes rappellent avec quelle maestria le compositeur finlandais Magnus Lindberg compose pour l'orchestre.