Pour Marie-Aude Roux du Monde, ce Roi Arthus ne rentrera pas dans la légende. Que faut-il incriminer ? La mise en scène de Graham Vick, bien sûr, dont "il nous a fallu subir les décors d’un univers en kit, avec ses bribes de bâtiments, son mobilier seventies, la laideur pragmatique de costumes dépareillés tout droit sortis d’un film sur les déshérités de Ken Loach".
Même son de cloche aux Echos où la plume de Philippe Venturini déplore l’option consistant à "figer la légende arthurienne sur une image de " carte postale ", le bleu ciel et le vert gazon de la colline de Glastonbury Tor, où reposeraient le défunt roi et Genièvre, aujourd’hui investie par des " communautés alternatives ". Heureusement, une distribution de "haut vol" compense ce désagrément grâce notamment à Roberto Alagna qui "prête sa diction française une fois de plus exemplaire et sa sensibilité à un Lancelot partagé entre l’amour pour Genièvre et la fidélité à son souverain."
Vue de l’étranger, le verdict reste inchangé : ainsi de Francis Carlin du Financial Times qui salue l’ensemble du plateau vocal, de l’Arthur "émotionnellement chargé de Thomas Hampson" au Lancelot "à son meilleur" de Roberto Alagna en passant par la Guenièvre "égocentrique de Sophie Koch" tandis que Philippe Jordan "fait superbement joué" l’Orchestre de l’Opéra de Paris.
« Le Roi Arthus » d’Ernest Chausson.
Radio Classique
Si ce chef-d'oeuvre mérite pleinement les honneurs de l'Opéra de Paris, la mise en scène de Graham Vick n'a pas fait l'unanimité. Bilan.