Le Diderot vivant de Michel Delon

Est-ce la faute à Voltaire ou la faute à Rousseau ou des deux à la fois si la figure de Diderot paraît toujours en retrait ? Certes non, mais l’histoire préfère retenir les caractères tranchés, les oppositions, et prend parti en négligeant la réelle originalité.
Diderot dérange les philosophes qui ne savent pas où le placer. L’université a longtemps peiné à lui trouver du génie. Il aura fallu attendre des travaux américains, l’admiration d’un Milan Kundera, l’hommage de deux amoureux du plaisir et de la transgression comme Philippe Sollers et Éric-Emmanuel Schmitt pour rendre à Diderot la place majeure qui lui revient, en dépit de son habit d’Arlequin. Fin connaisseur du XVIIIe siècle, Michel Delon lui accorde la toute première place dans son Panthéon personnel, tout en respirant qu’on ait finalement renoncé à transférer ses cendres (introuvables pour cause de Révolution française) au temple de « la patrie reconnaissante ». Car Diderot n’a que faire des cérémonies pompeuses. Il souffrirait d’être à nouveau embastillé comme il le fut à Vincennes. Il préfère continuer à nous charmer et à nous étonner, tel un lointain concert de flûtes dans la nuit étoilée, au hasard d’une lecture toujours prompte à stimuler notre imagination vagabonde.

Voici son programme :

– Rameau : Les Indes galantes, « Danse des sauvages » (par Alexandre Tharaud)
– Rameau : Castor & Pollux, « Tristes apprêts »
– Gluck : Iphigénie en Aulide, « Ouverture »

– Mozart : Don Giovanni, « Air du Catalogue »
– Mozart : Les Noces, « Voi che sapete »
– Beethoven : Concerto n°1, 2e mvt