Drame et intensité
Pour son premier album en solo depuis plus de vingt-cinq ans, Krystian Zimerman a choisi le drame et l’intensité des dernières sonates pour piano de Franz Schubert (D. 959 et D. 960), composées quelques jours avant sa mort à l’âge de 31 ans. L’approche du pianiste polonais met en évidence leurs natures expérimentale et visionnaire.
Krystian Zimerman a mis à profit son soixantième anniversaire – qu’il a célébré en décembre dernier – afin d’explorer ce « Chant du cygne » pianistique du compositeur : « Mon intense respect pour ces œuvres – comme pour les dernières sonates de Beethoven – s’accompagnait d’une crainte énorme », se rappelle-t-il. « Mais je me suis rendu compte que le temps était venu, après quelque trente années de compagnonnage avec elles. Schubert était malade, certes, mais il était toujours en très bonne forme et s’est rempli d’un merveilleux sens de l’humour quand il a écrit ce qui s’est avéré être ses dernières sonates. Avec elles, le compositeur « passe à la vitesse supérieure, ose des choses radicalement nouvelles d’un point de vue harmonique et polyphonique. Par rapport à ses sonates antérieures, on pourrait presque imaginer qu’elles sont d’un autre compositeur. »
Franz Schubert : Sonates pour piano D. 959 et D. 960. Krystian Zimerman, piano (1 CD Deutsche Grammophon)
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