Je comprends les auditeurs qui ont été choqués ou dégoûtés par l’émission avec Karl Zéro autour de ce pervers canadien. C’est sans doute de ma faute si l’entretien n’a pas été bien mené. Et puis Karl Zéro n’est pas un psychologue, il est avide de sensationnalisme.
Mais je reste persuadé, comme Anthony Burgess (Orange mécanique) que la question du choix entre le bien et le mal est centrale, obsédante, dans l’histoire de l’humanité.
Faire le mal pour faire parler de soi n’est pas nouveau. Bien avant l’apparition d’Internet, Erostrate avait mis le feu au temple d’Artémis à Ephèse (l’une des merveilles du monde) pour faire parler de lui. Pari gagné puisqu’on se souvient encore de lui vingt siècles plus tard.
Et si l’artiste est par-delà le bien et le mal, que penser de Néron incendiant Rome pour créer une sorte de chef-d’oeuvre artistique ? Pablo Casals avait bien raison de penser qu’on est d’abord un être humain et ensuite un artiste. Toutes ces questions méritent réflexion. Karl Zéro qui voulait sans doute avant tout faire un coup et vendre son livre n’était peut-être pas la personne idoine pour y répondre. Mais au nom de quoi l’écarter a priori de notre rendez-vous quotidien, d’autant que son livre est intéressant, bien fait, et que son programme musical ne manquait pas d’intérêt.
Karl Zéro face à Erostrate (suite)
Radio Classique