JEAN RONDEAU UNE NOUVELLE ÉTOILE DANS LE CIEL

Il a vingt-quatre ans, a créé son groupe de jazz en 2011 et remporté l'année suivante le 1er Prix du Concours international de clavecin de Bruges. Son premier disque, consacré à Bach et « Choc » de Classica, est d'une imagination éblouissante.

Pourquoi choisir Bach pour votre premier disque?
Je ne l’ai pas choisi, il s’est imposé de lui-même. J’aime sa musique, généreuse bien que compliquée. Elle m’accompagne depuis toujours, d’abord à la maison, où mes parents écoutaient très souvent des cantates, et depuis mes débuts au clavecin.
Pourquoi avoir choisi un programme composite, réunissant plusieurs transcriptions, plutôt qu’un cycle complet ?
Plusieurs raisons ont motivé ce choix, notamment celle de présenter un programme exclusivement pensé pour le disque et non pour le concert. Il m’a alors fallu choisir un thème : celui de l’imaginaire m’a paru naturel. Le sujet n’est donc pas la transcription. Et l’imaginaire revendiqué est autant celui de l’interprète, qui doit faire sonner le clavecin comme un luth ou une flûte, que celui des compositeurs qui réalisent les transcriptions.
En plus du projet spécifique que vous soulignez, le disque exige également un état d’esprit particulier, faute de public.
C’est certain car je ne vais pas jouer pour moi ni pour les micros. L’enregistrement ressemble au travail du peintre, d’abord privé, dans la solitude de l’atelier, puis public. À nouveau l’imagination doit être sollicitée : il faut penser qu’on joue pour un tel ou un tel. C’est une démarche vraiment à part dans laquelle chaque élément a son importance. Le choix de l’instrument reste primordial. Cela dit, je ne cherchais pas un son particulier mais plutôt un clavecin susceptible de me plaire. Celui que j’ai retenu, propriété d’Olivier Fortin, convient parfaitement au répertoire, notamment par la richesse de son médium-grave, et il m’a tout de suite plu. Après chaque pause, j’étais impatient de le retrouver !
Avez-vous hésité avant de vous consacrer au clavecin ?
Non, pas du tout : il était évident que c’était pour moi. L’envie m’en a été donnée par une pièce, je ne sais plus laquelle, entendue à la radio alors que j’avais cinq ans. Ce fut un coup de foudre. J’ai remarqué depuis que les enfants se montrent très sensibles au son de cet instrument.
Vous partagez votre activité de musicien avec celle de pianiste de jazz au sein de votre ensemble Note Forget, The Project.
Je suis venu au piano après le clavecin, à dix ans. Auparavant je n’aimais pas. Et puis la rencontre avec un professeur qui m’a fait découvrir le répertoire de jazz m’a complètement convaincu. Je me suis mis à travailler le grand répertoire mais aussi le jazz et l’improvisation.
Difficile alors de passer pour un spécialiste…
Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse! J’ai autant de plaisir à jouer la musique des virginalistes que celle du milieu du XVIIIe siècle.
ACTUALITÉS
Vient de paraître : " Bach Imagine ". Suite BWV 997, Sonate BWV 964, Chaconne BWV 1004, Partita BWV 1013, Concerto italien BWV 971, Adagio BWV 968. 1 CD Erato. " Choc " de Classica.