Certains solistes sont comme des sportifs qui courent d’un continent à l’autre. D’autres pratiquent la musique en profondeur. Henri Demarquette est de cette race d’artistes qui prennent le risque de la lenteur. Sa collaboration avec la pianiste Brigitte Engerer ressemble au parcours d’un Monet qui traque sans relâche l’étincelle de vérité en peignant de multiples nymphéas. Avec Henri Dutilleux, Olivier Greif ou Eric Tanguy, il a pris aussi le temps de l’immersion totale dans des langages spécifiques qui sont comme autant de planètes différentes avant de les porter à travers le monde à la première personne du singulier. Il joue dix siècles de musique et pas seulement le grand répertoire romantique, il s’intéresse notamment aux liaisons avec la musique vocale de la Renaissance. Rien n’échappe à sa curiosité insatiable. Et dès qu’il saisit son violoncelle, rempli de toutes les galaxies musicales, la terre commence à trembler.
Voici son programme :
3 madeleines musicales
Schumann : Variations Abegg (début) par Brigitte Engerer
Dutilleux : Mystère de l’Instant (début)
Chopin : 3 ème mvt de la sonate pour violoncelle et piano par J. Starker et G. Sebok
4 morceaux de musique classique
Christobal de Morales : Missa Mille Regretz, Sanctus (début)
Eric Tanguy : Eclipse pour orchestre (7’17 après le début)
Ravel : l’Enfant et les Sortilèges
Beethoven : 1 er mvt du 7ème quatuor