Eric Cantona… que l’amour à offrir en partage

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Personnage très atypique, qui semble taillé d’une pièce, Eric Cantona a défrayé la chronique par ses coups de génie sur un stade et par ses déclarations fracassantes ou ses accès de violence. Les Anglais en ont fait un dieu. Puis Ken Loach lui a confié un rôle magnifique, car lui et quelques autres ont senti qu’il était un authentique artiste, c’est-à-dire quelqu’un qui joue sa vie à chaque match ou à chaque représentation.
Eric Cantona a compris très profondément, dans sa chair et dans son être tout entier, qu’on ne chante pas pour passer le temps, qu’on n’écrit pas pour le plaisir, qu’on ne joue pas pour gagner des sous. La source, c’est avoir quelque chose à dire, exprimer ce feu intérieur qui brûle au fond de soi, « mettre sa peau sur la table », disait Louis-Ferdinand Céline. La technique, le travail ne sont là que pour organiser le chaos ; sans l’attiédir, sans l’affadir, sans le domestiquer. C’est un apprentissage long et minutieux pour parvenir à faire un vrai « plongeon » (comme le disait Guillaume Gallienne) sans se perdre dans la recherche tragique de l’excellence, à retrouver la force du torero qui entre dans l’arène et qui sait qu’il ne pourra pas tricher.
Voici son programme :

Concerto n° 2 de Rachmaninov (1er mvt) Zimmermann
Adagio de Barber (version chant Laurence Equilbey)
Variations Goldberg de Bach (Gould)

Madeleines
1001 nuits par Rachida Brakni et Rodolphe Burger
A Fall in Rise de Sophie Hunger
The Doors