Les musicologues ont ceci d’amusant qu’ils semblent toujours en conversation avec eux-mêmes. L’exégète parle sous le contrôle de son propre contradicteur qui réfute ses arguments, oriente le discours, corrige au fur et à mesure. D’où ces silences et ces hésitations : qui va prendre la parole en premier, le sensible ou son professeur, le musicien ou l’historien ? Parfois ils se lancent en même temps et s’épient craintivement. S’agissant de Chopin, l’homme paradoxe par excellence, l’artiste et son critique le plus impitoyable qui parle en lui, l’exercice atteint son paroxysme.
Voici son programme :
Les trois madeleines sont toutes du Chopin :
– l’enregistrement de Jean Dennery de 1928 (disques parlophone)
– la mazurka n°51 « à Emile Gaillard » par Samson François
– l’Etude op.25 n°1 par Akiko Ebi
Les classiques, également du Chopin :
– la première étude de la plage 6 de l’enregistrement au Wigmore Hall par Nelson Goerner
– la mazurka op 30 n°4 par Horowitz (si possible l’enregistrement du 1/10/2009 au Carnegie Hall)
– la valse op 34 n°1 par Lipatti
– Un enregistrement de Chopin par Akiko Ebi sur un Erard de 1838