DG s’offre les 4 mains les plus célèbres du monde

Les Sœurs Labèque signent chez le label jaune

« Je les connais depuis qu’elles sont toutes jeunes. Je ne les ai jamais vu se chamailler », disait d’elles Jacques Chancel, qui les invita souvent dans son émission « Le Grand Echiquier ». Rien de plus dissemblable, au premier abord, que le tempérament des Sœurs Labèque, réputées pour la fusion et l’énergie de leur duo. L’aînée (née en 1950), c’est Katia, la flamboyante, l’explosive, celle qui prend aussitôt la parole lors d’un entretien. Marielle, sa cadette de deux ans, se distingue par sa réserve et son côté ténébreux : c’est la taiseuse. Au sortir du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, les deux Bayonnaises – qui, depuis 2005, ont choisi de s’installer à Rome – s’intéressent rapidement au répertoire pour duo (deux pianos et piano à quatre mains) avec une boulimie et une ouverture d’esprit embrassant toutes les époques : non seulement le baroque (qu’elles travaillent aux côtés de Reinhard Goebel, Giovanni Antonini ou John Eliot Gardiner), le contemporain (des œuvres de Luciano Berio, Michael Nyman, Louis Andriessen et Philippe Boesmans ont été composées à leur attention) mais aussi le jazz, le flamenco, le ragtime et même le rock expérimental !

Un éclectisme qui n’a pas manqué de séduire le label Deutsche Grammophon, lequel a déclaré par la voix de son directeur artistique Edouard Brane : « Deutsche Grammophone France est particulièrement fier d’accueillir ces deux artistes iconiques pour de prochains projets en parfaite adéquation avec leur volonté artistique, entre classicisme et contemporanéité ». L’avenir nous dira si cette ouverture vers la musique d’aujourd’hui s’avérera conciliable à long terme avec les impératifs économiques auxquels les éditeurs phonographiques sont assujettis. Novembre 2016 verra la parution de leur premier album sous étiquette jaune ; au programme, figurent des œuvres d’Igor Stravinsky et de Claude Debussy.