La nouvelle production de Castor et Pollux de Rameau, au Théâtre des Champs-Elysées semble faire l’unanimité contre elle dans la presse. La mise en scène de Christian Schiaretti " prend ses distances avec les personnages, écrit Philippe Venturini dans Les Echos. Personne ne croit un instant voir Télaïre pleurer la mort de Castor, Pollux partir délivrer son frère des enfers ou Jupiter énoncer ses lois. Il s’agit clairement d’une représentation réunissant des personnages costumés à l’ancienne. Pas d’incarnation, pas de passion. " Même son de cloches pour Gilles Macassar dans Télérama qui évoque une mise en scène " rectiligne et sans arrière-plan (…), sous-alimentée (…) qui, ne prend guère au mot ni au sérieux les paroles du librettiste, abandonnant les chanteurs à des gestes et des positions d’une convention molle, vide de danger et d’affect (…) Avenue Montaigne, Castor et Pollux ne sont que deux mannequins antiques cuirassés de carton pâte, harnachés de quincaillerie guerrière (casques, boucliers, épées et jambières), deux fantoches de bande dessinée – Dupont et Dupond aux Thermopyles. " A la chorégraphie " répétitive et mécanique d’Andonis Foniadakis " poursuit le critique des Echos, se greffe " le style rapide, anguleux, sec " du chef d’orchestre Hervé Niquet, à la tête du Concert Spirituel. " Une éolienne en folie. Qui brasse plus de vents qu’elle ne produit d’électricité " lance Télérama. Ce Castor et Pollux " sidère par un amoncellement d’exactions " écrit Marie-Aude Roux dans Le Monde, qui fustige la distribution : " Ligne hasardeuse, respiration à contretemps et articulation brouillonne : les chanteurs comprennent-ils ce qu’ils disent ? Si le Castor souffreteux de John Tessier est inopérant à convaincre de l’amour absolu que lui portent Télaïre (Omo Bello, joli timbre mais stylistiquement hors sujet) et la terrible Phoebé (Michèle Losier que l’on a connue plus investie), le Pollux extraverti d’Edwin Crossley-Mercer semble osciller entre expectoration et apoplexie. "
Castor et Pollux de Rameau est à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 21 octobre
Castor et Pollux au Théâtre des Champs-Elysées
Radio Classique
Réactions mitigées de la presse.