CAPTAIN TOBIAS HUME PREND DU GALON

Aussi habile à l'épée qu'à l'archet ! Cette apologie dédiée à Tobias Hume démontre que ce soldat-compositeur était plus qu'un amateur éclairé.

Les Basses Réunies et Bruno Cocset proposent un voyage dans l’Angleterre du XVIIe siècle autour de l’oeuvre du Capitaine-compositeur To- bias Hume, grand défenseur et promoteur devant l’Éternel de la viole de gambe et plus exactement de la lyra viole, qui allait supplanter l’absolue suprématie du luth et l’installer comme instrument noble. Le gambiste convoqué pour l’occasion, Guido Balestracci, joue une large sélection de pièces solo de Hume, ainsi que des pièces pour deux lyravioles accompagné de Bruno Cocset. Cette exploration musicale et sonore met en scène trois copies d’instruments de tailles différentes tout juste sortis de la lutherie de Charles Riché, reflets de la riche diversité de la facture instrumentale outre-manche. Bertrand Cuiller joue avec grande subtilité sur deux clavecins (l’un cordé en laiton, l’autre avec des cordes en boyau). C’est cette richesse instrumentale ajoutée aux talents de Balestracci et Cocset qui fait le prix de ce disque. Expressives, ces " humeurs " musicales mélangent extraversion et introversion avec une préférence tout de même pour la mélancolie chère à Dowland.
Sans aller jusqu’à la noirceur, la raucité des interprétations des mêmes pièces par Jordi Savall, nous apprécions les attaques franches de Balestracci. Avec une manière et un son très différent du défricheur catalan, Guido Balestracci se montre très convaincant. Son archet laboure plus qu’il ne griffe (écoutez et comparez " A Souldiers Resolution "), et donne un son plus " rond ", plus lyrique et épicurien.
Voilà un beau complément du CD à la volupté caractéristique paru en 2003 de Nima Ben David (Alpha) pour mieux connaître l’oeuvre du Capitaine Hume et lui donner la place que cet amateur très éclairé mérite dans l’histoire de la musique.