Bruno Mantovani, un compositeur à Aix

Dans son livre « L’art du piano », Heinrich Neuhaus fait état des querelles terribles qui divisent les compositeurs. Le professeur de Richter et Gilels conseille aux interprètes de ne pas y prendre part, de jouer leurs oeuvres sans se laisser entraîner dans leurs affections exclusives, leurs dégoûts esthétiques, leurs batailles esthétiques qui masquent une volonté de toute puissance sur un territoire qu’ils sont une vingtaine de noms connus à se disputer et dont la superficie médiatique correspond grosso modo à la superficie du duché du Luxembourg face à l’industrie mondiale de la musique.
Ce passage m’est revenu en mémoire en voyant la tête de Bruno Mantovani après le Concerto de Beethoven joué de façon extraordinaire par Lisa Batiashvili qui avait utilisé les cadences (fantastiques à mon goût) écrites par Schnittke pour Gidon Kremer. Le directeur du Conservatoire de Paris était loin de partager mon enthousiasme. Face à un compositeur qui en sait bien plus que moi moi sur la question, je n’ai pas su trouver les mots pour défendre ce que j’avais aimé et cela m’a rendu furieux. L’essentiel reste que notre entretien a été apprécié par de nombreux auditeurs qui m’en ont fait la remarque. Concentrons-nous sur le positif et nous n’en serons que plus heureux.

Voici son programme :

– Schumann : Troisième symphonie (par Yannick Nézet-Séguin)
– Berg : Der Wein, début (version Abbado / Von Otter)
– Prokofiev : Visions fugitives (par Varduhi Yeritsyan)

Madeleines :

– Toto : « Africa » (album Toto IV), dernier couplet (après le solo de synthétiseur)
– Mozart : La Clémence de Titus, duo ‘Ah perdona il primo affetto’
– Pat Metheny : « Bright size life »