Anne Wiazemski, pudeur et finesse

Un « animal-fleur » disait Jean-Luc Godard de sa toute jeune muse, la troisième après Marina Vlady et Anna Karina. Soit : écureuil pour la vivacité et la discrétion et lys pour l’aristocratique beauté…
La vie d’Anne Wiazemski est romanesque en diable. Petite fille de François Mauriac, elle devient actrice pour Robert Bresson dans Au hasard Balthazar. Jean-Luc Godard tombe sur une photo d’elle dans Le Figaro, il tombe amoureux. Leur rencontre est pourtant un échec : deux timides qui se frôlent. Godard est venu sur le tournage de Bresson, mais la jeune fille ne le remarque pas. Puis elle voit un film de lui et tombe amoureuse à son tour. Elle lui écrit. Il se précipite dans le Gard où elle ramasse des pêches et lui donne rendez-vous devant la mairie du village… Il lui achète Nadja d’André Breton et les quatuors de Mozart. Ainsi commence une grande histoire d’amour que la romancière a mis quarante ans à écrire. Le reste est à lire dans Une année studieuse (Gallimard) et à déguster comme un bon vin qui a gardé l’éclat de la jeunesse.
Voici son programme :

1. Mozart: Concerto pour clarinette
2. Stravinsky: Petrouchka
Mendelssohn, Romance sans parole opus 53 n°3
Granados Danse espagnole n° 4 Villanesca

Madeleines:
1. Prokofiev: Pierre et le loup (par Gérard Philippe)
2. Germaine Moreno: La Fille de Londres
3. Charles Trenet: Les Chiens Loups