L’homme au regard malicieux et à la moustache de morse, réputé pour sa direction sobre mais d’une rare précision, avait été le créateur d’œuvres comptant parmi les plus emblématiques du XXe siècle, dont Jeux de Claude Debussy, Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, la Symphonie n° 3 de Serge Prokofiev et Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky, avant de s’imposer aux Etats-Unis. A la tête des orchestres de Boston et de San Francisco notamment, il réalisa l’essentiel de sa discographie.
Lors de ce concert donné à la Hochschule für Musik de Berlin en octobre 1960, Pierre Monteux dirigeait l’orchestre de Herbert von Karajan dans un programme Beethoven (Ouverture Leonore III), Strauss (Till l’espiègle), Saint-Saëns (Concerto pour violon n° 3) et Petrouchka de Stravinsky, presque 50 ans après an avoir assuré la première mondiale au Théâtre des Champs-Elysées en 1911. Pour la partie soliste du Concerto pour violon le plus célèbre de Camille Saint-Saëns, le chef français s’est assuré le concours de Michel Schwalbé (1919-2012), qu’il connaissait pour lui avoir dispensé des cours de direction d’orchestre à Paris. Karajan, de son côté, avait très tôt repéré les talents du violoniste qu’il appela au poste de premier violon solo du Philharmonique de Berlin dès 1957 ; il restera en poste jusqu’en 1984.
En guise de compléments, Francis Drésel nous propose d’écouter Pierre Monteux dirigeant le Symphonique de Boston dans la Symphonie en ré mineur de Césars Franck – l’un de ses chevaux de bataille figurant déjà au programme du premier de ses deux seuls concerts berlinois – ainsi qu’une rareté : la rencontre du chef français avec Rudolf Serkin dans le Concerto pour piano n° 1 de Mendelssohn.
Pierre Monteux dirige le Philharmonique de Berlin
Radio Classique
Lorsque Pierre Monteux (1875-1964) revint à Berlin en 1960 après vingt-sept ans d’absence, il passait, à 85 ans, pour le chef d’orchestre en activité le plus âgé au monde.