La Sans Valentin en musique

Boîtes de chocolats en forme de cœur, bouquets de roses rouges et autres ballons couleur dragées vous donnent envie de prendre Cupidon entre quatre yeux pour lui dire de remballer ses flèches et d’endosser une tenue décente pour aller pointer au Pôle Emploi ?
Cet article est pour vous ! En cette période de mièvrerie assumée, prenons le contre pied de l’air du temps pour réécouter quelques moments d’opéra des plus cyniques.

Tombée dans les filets de Jupiter, le Dieu des Dieux, Sémélé, trop occupée à se féliciter de son statut de favorite pour voir l’épouse jalouse, Junon préparer sa vengeance.
Péché d’orgueil pour la jolie nymphe, qui paiera de sa vie les heures de « Endless pleasure » (plaisir sans fin), passées auprès de son Dieu d’amant.

Handel: Semele – Cecilia Bartoli

Si tout semble être bien qui finit bien dans le dernier acte de Cosi fan Tutte, pour justifier l’infidélité des tendres amies de Ferrando et Guglielmo, le « sage » Don Alfonso rappellera à chacun que c’est « Ainsi qu’elles font toutes » (à savoir tromper leur compagnon). Plus amer tu meurs, on compris le message. On n’oubliera pas néanmoins que si les folâtreries de Constance Mozart à Baden-Baden avec de gentils inconnus, ont pu inspirer notre Wolfgang, ce dernier n’était pas non plus vraiment un modèle de fidélité conjugale.

Moins connue, la morale d’Orlando Paladino, opéra de Haydn de 1782 avec moult chassés-croisés amoureux, aurait de quoi laisser perplexe les plus romantiques d’entre vous, et pourrait se résumer ainsi : « Si vous voulez être heureux, aimez qui vous aime. » Bah oui tiens, ne faites pas la fine bouche, le premier venu fera bien l’affaire.

Mais comme je sens que des midinettes au coeur tendre sommeillent parmi vous, voici de quoi se rappeler que l’amour c’est beau… Surtout à l’opéra.

ALBINA BELABIOD