Géant de la baguette pour les uns, gourou surestimé pour les autres, Sergiu Celibidache fut nommé en 1979 chef principal de l’Orchestre Philharmonique de Munich dont il fit l’un des meilleurs du monde ; il le restera jusqu’à sa mort. Essentiellement symphonique et concertant, son répertoire écartait l’opéra. Quant au principe de l’enregistrement, l’on sait que Celibidache y fut opposé, considérant les micros inaptes à restituer une expérience unique qui se vit dans l’immanence de la salle de concert. Cela n’a pas empêché ses descendants d’autoriser, après sa mort en 1996, la publication des concerts mythiques de ce magicien des sons réputé pour ses tempos spécialement étirés.
Nous l’entendrons ce soir à la tête de son Orchestre de Munich dans la Symphonie n° 6 « Pastorale » de Beethoven (1993), « La Mer » de Debussy, le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel (avec Robert Casadesus et l’Orchestre Symphonique de Vienne, 1952), l’Ouverture de « La Force du destin » de Verdi (1989) et la Symphonie n° 6 « Pathétique » de Tchaïkovsky (1992).