Hélène Grimaud

D’une jeunesse inaltérable – ce qui n’exclut ni maturité ni profondeur – la ravissante pianiste aixoise est une star absolue depuis pourtant vingt-cinq ans, à l’obtention de son Premier prix dans la classe de Jacques Rouvier au Conservatoire de Paris, après avoir étudié au Conservatoire de sa ville natale, puis auprès de Pierre Barbizet à Marseille. Elle signe alors un disque de Rachmaninov aussitôt primé, dont la Deuxième Sonate qu’elle a déjà réenregistrée pour son éditeur exclusif depuis 2002, Deutsche Grammophon. Après s’être encore perfectionnée grâce à György Sandor et Leon Fleisher, elle franchit un nouveau palier en 1987, en jouant au MIDEM de Cannes, au Festival de la Roque d’Anthéron, à Tokyo et avec l’Orchestre de Paris sur invitation de Daniel Barenboim! L’année suivante n’est pas moins décisive, marquée par une importante rencontre avec Dmitri Bashkirov et une participation au Festival de Lockenhaus, où elle joue en compagnie du violoniste Gidon Kremer (Sonate op. 105 de Schumann, captée par Philips) et rencontre également Martha Argerich.

Hélène Grimaud joue et enregistre dès lors avec tous les meilleurs orchestres et les plus grands chefs, tels Kurt Sanderling (avec qui elle donne en public un Premier Concerto de Brahms d’anthologie), Yuri Temirkanov, David Zinman, Kurt Masur ou plus récemment Esa-Pekka Salonen et Vladimir Jurowski. Mais son exceptionnelle sensibilité, notamment une synesthésie entre sons et couleurs, l’amène vers d’autres passions, telles que les loups, la méditation, la littérature (y compris l’écriture : Leçons particulières, Variations sauvages, éd. Robert Laffont). Pour élever des loups (dont elle a quelque peu le regard, clair et d’une insondable profondeur, pétillance en prime), elle passe tous les diplômes nécessaires et fonde le Wolf Conservation Center dans un village de l’Etat de New York, South Salem. Revenue en Europe pour s’établir en Allemagne, Hélène Grimaud continue cependant de mettre la musique au cœur de sa vie, avec ses compositeurs romantiques de prédilection, mais aussi des œuvres du XXe siècle… et Jean-Sébastien Bach, « La Bible » selon elle. Sous label Deutsche Grammophon, à la suite de CD « concept » savamment composés – Credo (Beethoven et le XXe siècle), Réflexions (musique inspirée par Clara Schumann) – puis d’un couplage ChopinRachmaninov, du Concerto « L’Empereur » de Beethoven et du Concerto n°3 de Bartók (direction Pierre Boulez), son premier volume Bach, aussi diversifié que profond, augure d’une nouvelle dimension de cette interprète-créatrice.