Yannick Jadot : « On est dans un pays globalement de plus en plus riche mais où l’argent est de plus en plus concentré en quelques mains »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Yannick Jadot, Député européen écologiste EELV
Invité de Guillaume Durand

« On est dans un pays globalement de plus en plus riche mais où l’argent est de plus en plus concentré en quelques mains. »

Extraits :

A propos du discours de Hamon sur le quinquennat de Hollande

«Il a repris ce qui dans ce quinquennat était important et avait fait progresser la société : on parle notamment du compte pénibilité que certains candidats veulent supprimer. Il faut rappeler quand même que la différence d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre, c’est 7 ans. Un ouvrier vit 7 années de moins et 10 ans de moins qu’un cadre en bonne santé. Donc ce compte pénibilité est un élément extrêmement fort. »

A propos de Manuel Valls

« Manuel Valls aujourd’hui est dans un couloir un peu en dehors du jeu politique. Il sort régulièrement parce qu’il doit trouver l’isolement un peu dur.»

A propos de l’union de la gauche

« Je suis un acteur de ce rassemblement puisque j’ai, je crois, dépassé mon ego, dépassé ma formation politique, pour dire que nous pouvons gagner l’élection présidentielle en faisant gagner l’écologie. Il faut se rassembler mais c’est aussi un moment de clarification. Si les Françaises et les Français sont aussi perdus aujourd’hui c’est parce qu’ils voient un monde dont ils ne comprennent plus les tenants et les aboutissants. Ils ne savent plus qui décident dans leur entreprise, dans leur région, dans le pays ou à l’échelle européenne. La ligne que porte Benoît Hamon est une ligne de clarté qui évite la confusion. (…) Par la clarté de son projet il répond point par point aux problèmes des Françaises et des Français, comme à notre frustration de n’avoir plus dans notre pays de projet partagé.»

A propos du financement du programme de Benoît Hamon

«Les Françaises et les Français ont ce ras-le-bol fiscal à la fois parce qu’ils ne comprennent plus ce qu’ils paient, comment ils paient et ils ne savent pas à quoi ça sert. On paie beaucoup plus par les prélèvements pour la santé qu’aux Etats-Unis mais en France la santé coûte beaucoup moins cher qu’aux Etats-Unis et elle est beaucoup plus égalitaire. Faut-il faire un effort dans l’éducation dans les quartiers populaires où il y a un échec et du décrochage scolaire ? Et bien oui, Benoît Hamon considère qu’il faut faire plus de dépenses là où il y en a le plus besoin. Est-ce que c’est une dépense ou est-ce que c’est un investissement dans notre jeunesse au moment où il y a du décrochage et que cela déconstruit notre société ? Est-ce qu’il n’y a pas une demande extraordinaire dans certaines zones rurales pour accéder aux soins ? Quand Benoît Hamon dit « moi je veux la garantie universelle de service publique. Je veux les grands services publics à moins de trente minutes de chez vous »… Est-ce que c’est pas une demande extraordinaire ? (…) Allez en zone rurale, aujourd’hui, vous supprimez les médecins et les bureaux de poste, c’est le Front national qui fait des voix.
Il y a neuf millions de pauvres dans notre pays, l’objectif de la société c’est qu’elle soit plus fraternelle, plus solidaire, qu’on ait des enfants bien éduqués, qu’on puisse se soigner, qu’on soit pas malades, que la planète aille un peu mieux, que l’Europe se refonde, et c’est ça le projet de Benoît Hamon.
(…)
Emmanuel Macron à ma connaissance n’a pas dit « je suis un candidat de gauche », une grande partie de sa campagne c’est aujourd’hui d’aller chasser sur les terres de François Fillon. Il n’est pas co-auteur du dernier quinquennat ?»

A propos du service public

« Est-ce que vous avez l’impression que notre société va bien et que ce qui tisse les solidarités va bien? (….) Les pays où ça va bien ont souvent plus de fonctionnaires par habitant qu’en France et notamment dans les pays nordiques qui ont aujourd’hui les meilleurs résultats en matière d’éducation. C’est un enjeu essentiel. On est dans un pays globalement de plus en plus riche mais où l’argent est de plus en plus concentré en quelques mains. Est-ce qu’on peut mieux répartir cet argent, pour que cet argent bénéficie à tout le monde et investisse ? (…) »

A propos d’une éventuelle absence de la gauche au deuxième tour (duel Macron / Le Pen)

« La gauche a toujours pris ses responsabilités dans ces cas-là, y compris aux dernières régionales et pourtant avec des candidats sacrément de droite et de droite extrêmement dure. La question pour moi c’est comment faire en sorte que Benoît Hamon soit le candidat de la gauche au second tour ? Regardez, en 2012, il fallait faire barrage au Front national avec Le Pen à 18%. Après il y a eu les européennes, les régionales. Est-ce qu’on va arrêter de voter par renoncement, par défaut, sous prescription pour combattre structurellement le FN ? Voter le moins pire c’est toujours à un moment ne pas échapper au pire et construire le pire. C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec madame Clinton. Je ne veux pas qu’on vote par défaut, je veux qu’on vote par plaisir, par adhésion, qu’on vote utile pour nous, pour nous, pour notre santé, pour notre boulot, pour nos services publics, pour l’Europe, pour la démocratie. Est-ce qu’on va vers cette VIe République qui est si importante ou est-ce qu’on reste avec la Ve, avec Fillon et les affaires ou Macron et les chasses présidentielles. La grande réforme institutionnelles de Macron c’est restaurer les chasses présidentielles. C’est ce qu’il a dit. (…) Est-ce qu’on redonne le pouvoir au citoyen pour qu’il soit actrice/acteur de la société, est-ce qu’on passe sur un régime parlementaire, est-ce qu’on fait la proportionnelle, est-ce qu’on fait des votations citoyennes et des referendums ? Tout cela, c’est nous donner un projet partagé qui nous fasse plaisir. »