Yakov Kreizberg, un grand seigneur sur le Rocher

L’entretien n’a pas eu lieu à Monaco, mais à Amsterdam, où Yakov Kreizberg répétait, dans une salle tout près de la gare.
Dès que nous sommes arrivés dans la loge du directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, l’interprète et moi, le maestro nous a accueillis avec un très grand sourire, qui était comme un feu de joie, aurait dit Georges Brassens. Il nous a serré les mains et les bras avec une chaleur intense, qui contrastait avec le froid et la pluie qui faisaient rage à l’extérieur. Malgré sa santé délicate, le maestro a supporté sans broncher la longueur de l’entretien, et sans jamais manifester le moindre signe d’impatience.
Il s’est investi de toutes ses forces et avec toute son intelligence dans cet exercice de communication. Il a parlé de Bruckner, Mahler, Chostakovitch, Bernstein et Karajan de manière passionnante, profonde et toujours juste.
Les Monégasques sont bouleversés par la force spirituelle qui se dégage de ses interprétations. Il apporte à l’orchestre princier une expressivité maximale, grâce aussi, il ne faut pas l’oublier, au formidable travail réalisé par son prédécesseur Marek Janowski. Le dernier enregistrement consacré à Stravinsky par Yakov Kreizberg, avec l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, vient de remporter les ffff de Télérama, une note tout à fait méritée.
Voici son programme :

Stravinsky : Sacre du Printemps (Yakov Kreizberg)
Madeleines
Symphonie n° 40 (1er mvt)
Mendelssohn : Concerto pour violon (1er mvt)
Programme
Strauss : Don Juan (Bernstein)
Bruckner symphonie n°7 mvt lent (Karajan)
Chostakovitch : Symphonie n° 11
Mahler : Symphonie n° 3
Sarah Vaughan ou Sherley Horn