Xavier Darcos, « De la musique avant toute chose »

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Ambassadeur, ancien ministre, organiste et pianiste, Xavier Darcos vient de publier une Anthologie historique de la poésie française, intelligemment commentée, qui va de Guillaume d’Aquitaine à notre confrère et ami Alain Duault.
La feuilleter, c’est retrouver son enfance, lorsque nous récitions sur les bancs de l’école :
« C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. »
N’avons-nous pas frémi de découvrir ces « deux trous rouges au côté droit » infligés par Rimbaud au jeune soldat, tête nue, en guise de dérisoires décorations pour son courage.
N’avons-nous pas éprouvé nos premières impressions musicales qui « fixent le vertige » en ânonnant maladroitement :
« Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur »
maudissant Verlaine et jetant des regards désespérés, à la première hésitation, vers les bons élèves des premiers rangs qui refusaient obstinément de nous aider avec une joie muette, pour rendre plus éclatant leur triomphe à venir.
Ne nous sommes-nous pas identifiés à cet Albatros baudelairien « Qui hante la tempête et se rit de l’archer / Exilé sur le sol au milieu des huées », n’avons-nous pas fait nôtre la mélancolie mallarméenne en lisant « La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres », nous qui ne connaissions rien de la chair et qui avions lu si peu de livres, n’avons-nous pas connu la peur de perdre nos proches et entrevu le désespoir en répétant inlassablement :
« La biche brame au clair de lune
Et pleure à se faire fondre les yeux
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune. »
Rachmaninov a eu bien raison de dire que la soeur de la musique est la poésie et que sa mère est le chagrin.
Voici le programme de Xavier Darcos :

J.-S. BACH
La première des Sonates en trio pour orgue, en mi majeur, BWV 525
ou
Une des grandes fugues (par exemple celle de Toccata, adagio et fugue en do maj., BWV 564)

Giacomo PUCCINI
La fin du premier acte de Tosca

Francis POULENC
Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales (1er mouvement)

Gustav MALHER
Das Lied von der Erde (« Le chant de la terre »), notamment Von der Jugend (« De la jeunesse »), et Von der Schönheit (« De la beauté »)

Johannes BRAHMS
Symphonie n° 3 (3ème mouvement, poco allegretto)

3 madeleines

Gabriel FAURÉ
« Les roses d’Ispahan », mélodie sur un texte de Leconte de Lisle

Franz SCHUBERT
Un des Moments musicaux ou le premier lied du cycle « Die schöne Müllerin »

Un air de Fado

La vie
Ludwig van BEETHOVEN
Symphonie n°6, 2ème mouvement (« Scène au bord du ruisseau »)

L’amour
Camille SAINT-SAENS, Samson et Dalila
« Mon cœur s’ouvre à ta voix »

La mort
Franz SCHUBERT
Trio piano, violon, violoncelle n° 2 en mi bémol, op. 100, 4ème mouvement