Vendée Globe : Comment vont-ils éviter les icebergs de l’Antarctique ?

Les skippers du Vendée Globe sont arrivés ces derniers jours dans les Mers du Sud, où les conditions sont très difficiles, en témoigne le sauvetage de Kevin Escoffier en début de semaine. Mais une autre menace plane sur les concurrents, ce sont les icebergs venus d’Antarctique, surveillés en temps réel grâce aux satellites.

 

Vendée Globe : des satellites aident les skippers à repérer les icebergs

7 satellites sont au service du Vendée Globe et sont utilisés pour localiser les blocs de glace de l’Antarctique que les skippers commencent à longer. Ils ont des résolutions de l’ordre de 50m, ce qui permet de repérer les gros icebergs. Mais les plus petits que l’on appelle des growlers, issus de la dislocation des gros blocs de glace ne sont pas repérables par les satellites. Il faut donc traiter les images, faire des simulations. Sophie Besnard, directrice internationale de CLS, nous explique que c’est le travail de sa société : « on intègre les positions des icebergs observés par satellite dans un modèle qui à partir de plusieurs sources de données, comme les vents, les courants, la température de l’eau, va simuler la fonte et la dislocation des gros icebergs. C’est ce modèle qui permet de prévoir des cartes de risques ».

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Les images satellites et les simulations de dérive permettent donc en temps réel de suivre la position des icebergs. A partir de ces données, le Vendée Globe définit sa ZEA, c’est-à-dire la zone d’exclusion Antarctique. Il s’agit d’une ligne virtuelle au-dessus de l’antarctique et en dessous de laquelle les skippers n’ont pas le droit d’aller. « C’est une ligne virtuelle composée de 72 points espacés de 5 degrés et qui fait tout le tour de l’Antarctique. C’est une zone interdite aux participants, pour éviter des rencontres avec les icebergs » précise Jacques Caraës, directeur de la course.

 

Lors du Vendée Globe 1989, Jean-Luc Van Den Heede est resté 48 heures dans un champ d’iceberg

Jean-Luc Van Den Heede est une légende de la voile, il a 6 tours du monde à son actif. En 1989, il participe à la première édition du Vendée Globe et n’a ni de satellites ni de radar à bord de son voilier, seulement un thermomètre. « Je pensais qu’avec la température de l’eau on arriverait à détecter la proximité d’icebergs et en réalité pas du tout » nous a-t-il déclaré. Jean-Luc Van Den Heede décide de descendre très bas, comme la course le veut. La route la plus courte est en effet de passer l’Antarctique à la corde puisque les skippers font le tour du continent blanc.

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Jean-Luc Van Den Heede tombe alors dans une plaine d’icebergs : « je suis allé faire une manœuvre à l’avant du bateau et j’ai vu des petits blocs dans l’eau. J’ai repris la barre peu de temps après et j’ai vu un énorme tabulaire, 2 km de long sur 1 de large. Je suis tombé dans des champs d’icebergs ».Il s’en sort sur ce coup mais va rester entouré d’icebergs et ne pas dormir pendant 48 longues heures. Cette zone d’exclusion Antarctique est donc selon lui indispensable à la sécurité des skippers. Ceux en course cette année vont rester dans ce terrain potentiellement miné mais très surveillé jusqu’à la remontée de l’Atlantique Sud, après le passage du Cap Horn.

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Baptiste Gaborit

 

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