Vasarely : Démodé ou visionnaire ?

Tout le monde connaît au moins une œuvre de Vasarely, même ceux qui sont persuadés du contraire ! Saviez-vous que ce peintre d’origine hongroise était l’auteur du logo en losange de Renault ?

Celui qu’on surnomme le père de l’Op Art a été une véritable icône des années 60/70, inondant l’espace public de ses œuvres aux étonnants effets d’optique. Le hall de la gare Montparnasse, la façade de RTL rue Bayard, des décors d’émissions de télévision, de la vaisselle, des foulards… Vasarely était partout ! Même sur la pochette de l’album Space Oddity de David Bowie. La France des Trente Glorieuses vivait avec, en toile de fond, ses images instables et colorées déjà en 3 dimensions.

Cette popularité n’était pas pour lui déplaire. En digne héritier du Bauhaus, Vasarely concevait son art pour être appliqué au réel… « Que mon oeuvre soit reproduite sur des kilomètres de torchon m’est égal ! Je ne suis pas pour la propriété privée de création. Il faut créer un art multipliable ».
Le caractère ludique et grand public de ses toiles en trompe-l’œil ne doit pas cacher l’intuition poétique et scientifique a qui a été la sienne. Grand lecteur de vulgarisation scientifique, Vasarely s’intéresse à ce qui constitue la matière. Les ondes, les particules, les oscillations vont inspirer son vocabulaire graphique : des formes simples – des ronds, des carrés … Une sorte de code avant l’heure pour une création programmable.

On le pensait démodé ? Cette rétrospective le révèle visionnaire.

“Vasarely. Le partage des formes” au centre Georges-Pompidou (Paris, du 6 février au 6 mai 2019)

A lire : l’ouvrage Victor Vasarely de Hayley Edwards-Dujardin dans la nouvelle collection Ça c’est de l’Art , des Editions du Chêne

13. Vega, 1956 Huile sur toile, 130 x 195 cm Collection particulière, Belgique Photo © Centre Pompidou / Philippe Migeat © Adagp, Paris, 2018
Vasarely introduit le mouvement dans l’abstraction. La vibration dans la géométrie.

 

33. Oerveng Cosmos, 1982 Sérigraphie éditée à l’occasion du premier vol spatial habité franco-soviétique Saliout 7, en juin 1982, et signée par les astronautes Vladimir Djanibekov, Alexei Ivantchenkov, Jean-Loup Chrétien, 46,2 x 28,4 cm Édition 119/500 Fondation Vasarely, Aix-en-Provence Photo © Centre Pompidou / Philippe Migeat © Adagp, Paris, 2018
Fasciné par la science, Vasarely l’était aussi par la Science-fiction. Ses rêveries cosmiques semblent ouvrir la voie vers des univers inexplorés.