Urvoas-Solère : « Si le ministre de la Justice transmet des dossiers qui doivent rester dans les mains de la Justice, c’est un problème » Éric Coquerel

Ce matin à 8 h 15 sur Radio Classique

Éric Coquerel, député France Insoumise, coordinateur du Parti de Gauche

Invité de Guillaume Durand

Urvoas-Solère : « Si le ministre de la Justice transmet des dossiers qui doivent rester dans les mains de la Justice, c’est un problème »

Extraits

A propos de l’affaire Urvoas-Solère

« Si les faits sont vérifiés, il faut que Jean-Jacques Urvoas soit convoqué devant la Cour de Justice de la République. »
(…)
« Si le ministre de la Justice transmet des dossiers qui doivent rester dans les mains de la Justice, c’est un problème. »
(…)
« Il faudra attendre et vérifier et que justice se fasse. »

A propos de l’indépendance de la Justice

« La Ve République telle qu’elle est, avec une présidentialisation et une personnalisation du pouvoir, instaure inévitablement des [mauvaises] logiques. »
(…)
« Nous souhaitons une VIe République parlementaire et non plus présidentialiste où le partage des pouvoirs entre la Justice et l’exécutif serait beaucoup plus distinct. »
(…)
« [Dans cette] Ve République, on ne s’en sort pas : il y a des affaires à chaque fois, quel que soit le parti institutionnel au pouvoir. »

A propos de l’image de la classe politique

« Certains [hommes] politiques passent la ligne rouge. C’est souvent ceux qui sont installés depuis trop longtemps dans les parures dorées du pouvoir. »
(…)
« [La France Insoumise] conteste cette idée que la politique doit être un métier, une carrière. Pour nous, cela reste un engagement. C’est pour ça que nous défendons le non-cumul des mandats dans le temps et une autre vision de la politique où il y aurait beaucoup plus de turn-over qu’actuellement. »
(…)
« La politique, c’est avant tout une irruption populaire par les élections. Et ça ne peut pas être une réunion de gens qui gèrent juste techniquement la vie de la cité. »

A propos des retards de paiement de cotisations retraite de Raquel Garrido

« Il faut distinguer les cas d’enrichissement personnel de politiques, les cas où [on] utilise un pouvoir pour faire des choses qui ne sont pas légales, avec des situations personnelles de retard de paiement. »
(…)
« Il faut arrêter de tout mélanger, sinon on renvoie l’idée que le monde politique est pourri. »

A propos de la moralisation de la vie politique

« [Pour nous,] aucun député ne devrait exercer une mission de conseil ; [il faut] séparer le monde de l’argent du monde de la politique. Il a été impossible [d’obtenir] ça. Des députés pourront donc toujours exercer des missions de conseil, donc [un travail] de lobby. »

A propos de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

« Je [pense] que ça va être abandonné. (…) Nous avons toujours dénoncé ce projet comme écologiquement catastrophique. Et économiquement, ça ne tient pas [non plus]. »
(…)
« Arrêtons de faire des zadistes le sujet central ; il y a beaucoup de gens qui occupent [le site] aujourd’hui uniquement pour éviter [la construction de] l’aéroport, c’est leur préoccupation principale. »

A propos du « tribunal des médias » évoqué par Jean-Luc Mélenchon

« Jean-Luc [Mélenchon] l’a dit : le mot de « tribunal » n’était peut-être pas le plus approprié. »
(…)
« En Belgique, [il existe la possibilité du] recours : toute personne qui estime que la ligne rouge de la déontologie médiatique a été franchie [peut en appeler à un] conseil constitué de professionnels des médias. »
(…)
« Les médias aujourd’hui ont un tel pouvoir qu’il semble normal qu’on puisse –sans aller devant la Justice- [déposer] un recours qui déboucherait sur des mesures symboliques. Cela répond à une exigence démocratique. »

A propos de « l’Emission politique » sur France 2 avec Jean-Luc Mélenchon

« Il n’est pas sain, dans notre démocratie, qu’une émission politique du service public cherche surtout à faire le buzz [en cherchant] un bon mot voire une colère. »
(…)
« C’est de la politique-spectacle qui n’est pas bonne. »
(…)
« Ces journalistes-là, ce qu’ils veulent, ce n’est pas savoir ce que Jean-Luc Mélenchon pense, mais [créer] une situation de spectacle. Cela ne permet pas d’avoir un débat raisonné. »

A propos de la lutte contre les inégalités

« Arrêtons de donner 9 milliards – comme le Budget vient de le faire – aux plus riches détenteurs des capitaux, sans aucune contrepartie. »
(…)
« Il y a 9 millions de pauvres, on donne 9 milliards aux plus riches et, dans le même temps, on baisse de 15,6 milliards les dépenses publiques, dont 4 milliards sur la Sécurité sociale, 2 milliards sur le logement. C’est comme ça qu’on va arranger la pauvreté en France ? »