Une réforme des retraites avant la fin du quinquennat ? Emmanuel Macron tergiverse

Mutualité Française/ Flickr

Les Echos annonçaient hier qu’Emmanuel Macron réfléchissait à faire la réforme des retraites avant la fin de son mandat. Quel qu’en soit le périmètre, une réforme passe forcément par une loi, donc si Emmanuel Macron veut l’afficher à son bilan, il n’y a plus de temps à perdre.

Emmanuel Macron veut montrer que l’ADN réformateur du macronisme est intact

Depuis qu’elle a été suspendue pour cause de crise du Covid, la réforme des retraites joue l’Arlésienne. Comme dans la nouvelle d’Alphonse Daudet, on en parle toujours, mais on ne la voit jamais. Dès le 14 juillet 2020, le chef de l’Etat déclarait aux Français qu’il fallait reprendre cette réforme et qu’il fallait bien se résoudre à travailler plus. Depuis des personnalités comme Bruno Le Maire ou Gabriel Attal estiment qu’il faut la faire et dès maintenant, quand d’autres, comme Richard Ferrand le président de l’Assemblée nationale, considèrent qu’il faut en faire un thème de campagne et la reporter à un éventuel second mandat.

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Il y a deux mois, Emmanuel Macron en reparlait en posant deux préalables : la sortie effective du Covid et une avancée suffisante de la relance économique, ce qui confirmait le scénario post-présidentiel. Pourtant, les confidences élyséennes aux Echos semblent revenir à un calendrier plus rapide. Mais attention, il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, selon la formule d’Alfred de Musset. A force de remettre sans cesse le sujet sur la table, sans jamais passer aux actes, l’exécutif va obtenir l’effet inverse à celui qu’il recherche. Il veut montrer que l’ADN réformateur du macronisme est intact, mais il risque à la fin de passer pour velléitaire.

Retraites : une réforme d’affichage ?

En laissant filtrer cette éventualité, le président démontre que son quinquennat n’est pas à l’arrêt. Et il le fait au moment précis, où la gauche d’un côté et la droite de l’autre sont empêtrées dans le casse-tête de la sélection de leur candidat. Tous ces débats sur la primaire à droite, chez les Verts, les déclarations de candidatures, les annonces de déclaration créent un entre-soi auxquels les électeurs peuvent rester hermétiques.

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Alors qu’ils s’agitent, Emmanuel Macron veut faire comprendre que, lui, agit. Mais supprimer les régimes spéciaux et fixer un plancher à 1000 euros, coûte plus que cela ne rapporte. Si c’est une réforme d’affichage, ce ne sera pas du courage, mais de la démagogie.

Guillaume Tabard 

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