Tharaud : le jeu tout atout

Alexandre Tharaud est unique dans le paysage du piano. Au lieu de se mesurer aux pièces du répertoire allemand ou russe, il consacre sa vie aux pièces oubliées du répertoire français : Couperin, Rameau, Chabrier, mais aussi Ravel et Debussy. Comme le faisait en son temps la grande Marcelle Meyer. Son dernier disque est consacré à Chopin, qui est à moitié français. « Le tissu est slave, mais la coupe est française » disait André Gide. N’y voyons aucun nationalisme là-dedans. Alexandre Tharaud joue les musiques qu’il aime, celles qu’il aime défendre parce que nul mieux que lui ne sait en extraire l’essence poétique. Debussy lui-même rendait hommage aux grands maîtres du clavecin du XVIIIe siècle. Quant à Cocteau, il rappelait qu’il ne fallait pas oublier de chanter dans son arbre généalogique.

Son esprit d’ouverture, Alexandre Tharaud le réserve à la chanson. Barbara fut son idole. Aujourd’hui, il partage volontiers la scène avec Juliette, Vincent Delerm, Cali, François Morel… Il se sent proche de ce monde car sa famille vient du théâtre et du chant. Et il est charmé par la simplicité et la gentillesse des vedettes de ce milieu alors que la prétention du milieu classique semble parfois l’agacer.

Voici son programme :

Les trois madeleines:

-Louis GANNE « Hans le joueur de flûte » (entracte fin acte 1, ou ouverture)

-Henry SAUGUET « Tistou les pouces verts » (n’importe quel extrait)

-BARBARA L’Ile aux Mimosas (Live Châtelet 87)

Programme

-WAGNER Prélude de Parsifal (Toscanini, BBC Symphony orchestra, EMI)

-HAENDEL Sarabande (Racha ARODAKY, piano, Air note 2009, vient de sortir)

-CHOPIN : Valse op. 64 n° 2 par Serge Rachmaninoff

-RAMEAU Prélude du 1er livre de clavecin (Marcelle MEYER, EMI)

-BARBARA  Si la photo est bonne (1964)

-JEAN WIENER-CLEMENT DOUCET Chopinata ou un autre extrait (EMI)

En + : deux mazurkas de Chopin extraites du dernier disque d’Alexandre Tharaud « Journal intime »